Imaginez deux frères, liés par un amour indéfinissable, des blessures anciennes et une violence qui ne se dit jamais vraiment. Disponible à partir d'aujourd'hui sur HBO Max, la série Half Man raconte justement cette histoire. Celle de Niall (Jamie Bell) et Ruben (Richard Gadd), qui se recroisent sur le pire des décors possibles… le mariage de l’un.
Sur trente ans, la série saute entre les années 1980 et le présent, et impose une sensation de malaise constant : entre fascination, dégoût et empathie, le spectateur ne sait plus où se placer.
Une nouvelle création de l'auteur de Mon petit renne
Half Man est une mini‑série dramatique de six épisodes créée, écrite et incarnée par Richard Gadd, précédemment récompensé pour Mon petit renne.
Contrairement à cette dernière, qui reposait sur une histoire très personnelle et réelle, Half Man est une fiction. Mais elle garde le même ADN : une écriture crue, une caméra peu clémente et une obsession pour les failles de la masculinité moderne.
Une exploration radicale de la masculinité
Richard Gadd parle lui‑même de Half Man comme d’une plongée dans la “masculinité dysfonctionnelle” : un terrain où l’amitié masculine devient à la fois source de protection et de destruction. Le duo Niall‑Ruben incarne cette relation symbiotique à la fois fascinante et effrayante : l’un plus sensible, introverti, en pleine questionnement identitaire ; l’autre brut, musclé, porteur de violence latente.
La série ne se contente pas de montrer un “homme violent” : elle cherche à situer d’où vient cette rage, comment elle se transmet et comment elle se niche dans les codes de l’amitié entre hommes. Pour Gadd, le cœur du récit serait moins la masculinité en tant que concept que deux hommes qui ne savent pas comment se dire qu’ils s’aiment.
Violences, non‑dits et sexualité
Half Man ne fuit pas le malaise : on y trouve des scènes de violence physique, des abus de pouvoir, des échanges manipulateurs, mais aussi des moments de sexualité dérangeants. Gadd explique lui‑même que pour explorer la répression sexuelle et les extrémités de la violence, il fallait “montrer l’excès” afin de mieux en comprendre le contexte.
Résultat : la série est intense, parfois presque insoutenable, et déclenche clairement des réactions contradictoires chez les premiers téléspectateurs. Mais justement, c’est ce malaise‑là qui la distingue : Half Man n’est pas faite pour être “agréable”, elle est faite pour vous hanter après le générique de fin
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Est‑ce que la série vaut le détour sur HBO Max ?
Critiques et premiers retours soulignent avant tout le travail d’acteurs, avec des performances de Gadd et Jamie Bell qualifiées de “spectaculaires” et “presque féroces”.La construction, qui alterne 1980 et aujourd’hui, permet de mieux saisir la lente dégradation de la relation tout en gardant le suspense sur les événements clés qui ont tout fait voler en éclats.
Pour les fans de Mon petit renne, Half Man offre une forme d’héritage : même écriture nerveuse, même regard impitoyable sur la psyché, mais cette fois centré sur une relation à deux plutôt que sur un trauma individuel. En revanche, si vous voulez une série légère, rassurante ou purement divertissante, mieux vaut éviter : Half Man est une expérience forte, souvent inconfortable, mais qui s’impose comme l’un des événements série de ce printemps.