L’actualité récente autour de Bouygues Telecom met en lumière une pratique commerciale qui suscite de nombreuses interrogations, voire de vifs mécontentements : l’ajout automatique d’options payantes aux forfaits mobiles et internet. Derrière ce mécanisme, c’est toute la question de la hausse des prix des forfaits, du consentement des utilisateurs et de la transparence des opérateurs qui est posée.
Une option payante activée par défaut
Depuis avril 2026, certains abonnés Bouygues ont vu apparaître une option de cybersécurité, basée sur la solution Norton 360, directement intégrée à leur offre. Particularité : cette option a été activée automatiquement, sans action explicite du client.
Le modèle est simple mais redoutablement efficace : d'abord un mois gratuit pour inciter à l’adoption, puis 3€ supplémentaires par mois ajoutés à la facture, soit une augmentation conséquente de 36€ à l'année.
Ce système repose sur une logique d’“opt-out” : si l'abonné ne refuse pas l’option dans un délai donné, elle est considérée comme acceptée. Or, de nombreux utilisateurs passent à côté de l’information, notamment lorsque les emails arrivent en spam ou sont noyés dans les communications commerciales !

Une stratégie bien rodée
Cette pratique n’est pas nouvelle. Les opérateurs télécoms utilisent régulièrement des “enrichissements d’offre” pour augmenter progressivement le prix des forfaits. Mais cela passe habituellement par l’ajout de data ou de services. Bouygues Telecom est d'ailleurs coutumier du fait, lui qui, encore récemment, vous ajoutait 20Go de data à l'étranger pour 2€, avec le même procédé.
L’objectif est clair : proposer un prix attractif à la souscription, puis augmenter la rentabilité client dans le temps. Une hausse de 3€ peut sembler faible, mais multipliée par des millions d’abonnés, elle représente un levier financier considérable !
Imposer une option payante, est-ce légal ?
La question juridique est centrale. En théorie, un opérateur peut modifier un contrat de manière unilatérale à condition d’en informer le client et de lui laisser la possibilité de refuser. Dans ce cas précis, l’option étant désactivable sans frais, la pratique reste a priori conforme au cadre légal. Toutefois, elle se situe dans une zone grise :
- parce qu'aujourd'hui, l'option ne concerne pas directement un service mobile de Bouygues mais l'antivirus d'un partenaire,
- parce que le consentement n’est pas explicitement donné, mais déduit de l’inaction.
C’est là que réside le vrai débat : si cela semble légalement acceptable, cela reste potentiellement trompeur pour le consommateur.
Comment éviter une hausse de facture ?
Pour éviter les mauvaises surprises sur votre facture, voici les bonnes pratiques à adopter :
- Surveillez vos emails et notifications : les opérateurs annoncent ces changements par email. Vérifiez régulièrement vos messages, y compris les spams.
- Analysez votre facture chaque mois : une hausse de 2 ou 3 € peut passer inaperçue. Prenez l’habitude de vérifier les lignes de facturation.
- Refusez rapidement les options inutiles : vous disposez d’un délai d'un mois généralement pour refuser l’option depuis votre espace client ou en téléphonant au 10 64.
- Évaluez la réelle utilité du service : un antivirus comme Norton peut être pertinent… mais pas forcément nécessaire si vous utilisez déjà des protections gratuites ou intégrées.
Cette affaire illustre parfaitement une réalité du marché télécom : les prix cassés affichés à la souscription ne sont pas toujours les prix réellement payés sur la durée, alors restez vigilant !