Pourquoi les faux SMS déferlent l'été
L'été concentre les prétextes rêvés pour les escrocs : vacances, colis à récupérer, remboursements d'impôts, amendes de péage. Le site Cybermalveillance.gouv.fr a recensé 108 000 demandes d'aide liées à l'hameçonnage toutes formes confondues en 2025, en hausse de 70 % sur un an.
Le SMS est devenu le canal privilégié, car quasiment tout le monde ouvre un message reçu sur son téléphone dans la minute.
Quatre familles d'arnaques dominent depuis le début 2026 :
- le faux colis (au nom de La Poste, Chronopost ou Colissimo),
- la fausse amende de péage sans barrière,
- le faux conseiller bancaire
- les fausses administrations (impôts, Assurance Maladie, CAF).
Toutes suivent le même canevas, ce qui les rend faciles à repérer une fois qu'on connaît les signaux.
5 signaux qui doivent vous alerter
Avant de cliquer sur le moindre lien, passez le message au filtre de ces cinq points. Un seul suffit à déclencher la méfiance.
- Un lien étrange : une adresse raccourcie (bit.ly, tinyurl…), un domaine bizarre du type « laposte-suivi.info » ou « impots-remboursement.fr », ou une URL qui ne colle pas au vrai site officiel.
- Un ton pressant : menace de blocage, dernière chance, amende doublée sous 48 heures. L'urgence artificielle est la signature du piège.
- Une demande d'identifiants : votre banque, La Poste ou les impôts ne vous demandent jamais votre mot de passe, votre code de carte bancaire ou vos identifiants complets par SMS.
- Un français bancal : formulations traduites automatiquement, accents oubliés, majuscules mal placées, phrase qui sonne faux à l'oreille.
- Un expéditeur inhabituel : un numéro international, un numéro à 10 chiffres qui n'a rien à voir avec l'organisme cité, ou un nom d'expéditeur générique de type « INFO » ou « ALERT ».
Le 33700, un réflexe à prendre pour lutter en 20 secondes contre les fraudes
La France dispose d'un numéro national dédié à ce combat : le 33700. Il est gratuit, opéré par les opérateurs télécom en coordination avec les pouvoirs publics, et son rôle est précisément de bloquer les numéros émetteurs de campagnes frauduleuses.
Orange indique avoir reçu plus d'un million de signalements via ce canal en 2025.
Le geste tient en trois étapes. Vous transférez le SMS suspect au 33700. Le service vous répond en vous demandant le numéro qui vous l'a envoyé, vous le renvoyez, puis vous supprimez le message d'origine. Vingt secondes plus tard, ce numéro rejoint la liste noire consultée par les opérateurs.
Conseil pratique : ajoutez le contact « 33700 » dans votre répertoire une bonne fois pour toutes. Vous ne perdrez plus de temps à chercher le numéro le jour où un faux SMS d'impôts arrive à table.
Si vous avez déjà cliqué, comment limiter la casse
Un moment d'inattention arrive à tout le monde. Si vous avez saisi vos identifiants bancaires sur une fausse page, appelez votre banque tout de suite pour faire opposition et changez le mot de passe des comptes concernés. Signalez ensuite l'incident sur cybermalveillance.gouv.fr, qui vous oriente vers l'aide adaptée à votre situation.
Si le lien vous a fait installer une application ou que votre téléphone se comporte bizarrement (autonomie qui chute, données consommées sans raison), traitez-le comme un appareil compromis.
Notre guide vol et perte de smartphone détaille les bons gestes de mise en sécurité.
Reconnaître un faux SMS demande cinq secondes, le signaler en demande vingt. À condition d'avoir les cinq signaux en tête et le 33700 dans son répertoire, l'arnaque d'été n'est plus qu'un message à supprimer.
La sécurité de votre téléphone dépend aussi de son suivi logiciel : les modèles bien mis à jour bloquent une partie des tentatives en amont, un critère que met en avant notre comparatif des meilleurs smartphones.