Deux chaînes américaines à la table des négociations
Le New York Times a révélé, le 24 août 2026, que Netflix échangerait avec NBCUniversal et avec le groupe Fox pour intégrer Peacock et Fox One dans son application. Rien n'est signé, et personne ne sait encore si ces programmes seraient revendus en abonnements séparés ou simplement rendus accessibles depuis l'interface Netflix.
Il y a deux ans encore, Netflix expliquait à ses actionnaires n'avoir besoin d'aucun partenaire pour rester la destination de référence du divertissement. Autant le dire : le champion de l'exclusivité a déjà changé de doctrine, même si rien n'indique qu'un accord soit imminent.
La France sert déjà de laboratoire à ce pari
Ce pari n'est pas théorique : les abonnés Netflix en France en vivent déjà une version depuis le 19 juin 2026, dans un espace dédié de l'application, sans jamais la quitter pour autant.
- Depuis juin : les chaînes du groupe TF1 en direct, TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI.
- Catalogue : plus de 35 000 heures de contenus TF1+, en direct et en différé.
- Publicité : les programmes TF1 restent financés par la régie TF1 Pub, y compris chez les abonnés Netflix sans publicité.
Sur ce partenariat, Netflix a déclaré ne pas considérer que « cela s'arrête là », selon sa propre newsroom française, tout en précisant que ses ressources restent pour l'instant concentrées sur l'intégration de TF1. Lors de l'earnings call de juillet, le co-directeur général Greg Peters a qualifié les premiers résultats de « prometteurs ».
Le hub, un modèle qu'Amazon pratique déjà
Netflix ne serait pas un pionnier. Amazon Prime Video revend depuis plusieurs années des dizaines de chaînes tierces via ses « Channels », de Paramount+ à des offres sportives, sans que l'abonné quitte l'application. Netflix suivrait alors une logique inverse à celle qu'il a longtemps défendue : produire son propre catalogue plutôt que distribuer celui des autres.
Si Netflix généralisait son test français, l'entreprise ne changerait pas seulement de fournisseurs de contenus, elle changerait de métier, passant d'éditeur de programmes à vitrine qui en revend d'autres. Aucun chiffre indépendant ne permet à ce jour de dire si ce virage répond à un ralentissement de la croissance des abonnés ou à une simple opportunité commerciale.
Faut-il changer quelque chose à votre abonnement dès maintenant ?
Non. Aucun accord n'est signé avec Peacock ni avec Fox One, et Netflix n'a avancé aucune date. Le seul service concerné aujourd'hui reste TF1+, déjà disponible pour tous les abonnés Netflix en France, quelle que soit la formule souscrite.
Conseil pratique
Si vous cumulez déjà plusieurs abonnements streaming, inutile d'anticiper une fusion de vos factures. Rien ne changera avant qu'un accord soit officiellement signé, et aucune date n'a été avancée à ce stade. Si vous voulez comparer ce que chaque service propose déjà, notre aperçu de l'univers streaming reste à jour service par service
Le test TF1+ aura duré deux mois avant que Netflix n'envisage publiquement de l'étendre à deux chaînes américaines. Si Peacock et Fox One suivent un jour, ce sera le signe que l'entreprise ne veut plus seulement produire ce qu'on regarde, elle veut aussi décider par où on y accède. Pour l'instant, la seule certitude tient en une phrase de sa propre newsroom : elle ne pense pas que cela s'arrête là.