Le contexte : un T2 au plus bas depuis 2013
Counterpoint Research a publié le 13 juillet 2026 son estimation préliminaire du deuxième trimestre. Les livraisons mondiales de smartphones y reculent de 11 % sur un an, à leur plus bas niveau pour un deuxième trimestre depuis 2013. C'est un décrochage massif. Ni la crise Covid, ni la pénurie de puces de 2021 n'avaient produit une telle contraction sur un seul trimestre.
Le classement mondial reste stable en apparence. Samsung garde la tête avec 24 % de part, devant Apple à 20 %, puis Xiaomi à 12 %, Oppo à 11 % et vivo à 8 %. Derrière ces chiffres, deux dynamiques opposées cohabitent : Apple progresse de 3 % en volume, quand la plupart des autres fabricants reculent.
Pourquoi vos futurs smartphones vont coûter plus cher
Le vrai moteur du recul se joue en amont, chez les fabricants de mémoire. La DRAM et la NAND voient leurs prix s'envoler depuis le printemps. La cause tient en deux lettres : IA.
Les data centers qui entraînent les modèles d'intelligence artificielle absorbent une part croissante de la production mondiale de mémoire, laissant les fabricants de smartphones face à des tarifs en forte hausse.
- DRAM : la mémoire vive du téléphone, celle qui gère la fluidité et le multitâche.
- NAND : la mémoire de stockage, où vivent vos photos, applis et données locales.
- Priorité data centers IA : la demande industrielle passe devant, l'offre grand public suit.
Concrètement, ces deux composants représentent une part importante du coût d'un smartphone milieu de gamme. Quand ils prennent plusieurs dizaines de pourcents en quelques mois, la marge d'un modèle vendu 400 € s'écrase, et le fabricant a le choix : répercuter, réduire la configuration mémoire, ou renoncer.
Counterpoint anticipe désormais un recul d'environ 14 % sur l'ensemble de 2026, avec une crise mémoire qui devrait durer jusqu'en 2027.
Apple absorbe, les autres commencent à répercuter
Sur les cinq grands fabricants du top mondial, Counterpoint pointe qu'Apple est le seul à ne pas avoir augmenté ses prix au T2 2026. La raison est structurelle : les marges de la gamme iPhone permettent d'encaisser la hausse mémoire sans la faire porter au client.
Ce n'est pas un cadeau, c'est un avantage compétitif rare, et il explique l'essentiel du record des 20 % sur le trimestre.
En face, la situation est plus tendue. Samsung reste devant en volumes mais commence à ajuster ses tarifs sur certains segments, et la gamme Galaxy pourrait voir ses paliers de prix évoluer dès la rentrée.
Xiaomi, Oppo et vivo, positionnés plus fortement sur le milieu de gamme, sont les plus exposés. C'est précisément là que la hausse mémoire fait le plus mal, parce que la marge unitaire y est faible et que l'acheteur y est très sensible au prix.
Ce que ce trimestre change pour votre prochain achat
À l'usage, trois profils vont ressentir ce trimestre différemment. Si vous visez un haut de gamme récent (iPhone 17 Pro, Galaxy S26, Pixel 10 Pro), l'impact reste modéré : les marques y ont de la marge et Apple gèle même ses prix pour l'instant.
Si vous cherchez un smartphone autour de 300 à 500 €, préparez-vous à des remises moins agressives et à des configurations mémoire plus chiches (128 Go là où 256 Go était devenu la norme).
C'est le segment où les smartphones à petit prix risquent de voir leur rapport qualité-prix reculer d'un cran. À l'inverse, le reconditionné devient plus puissant que jamais pour les bons plans. Un modèle haut de gamme d'il y a un an conserve sa configuration mémoire d'origine, souvent 256 ou 512 Go, sans hériter de la hausse en cours. L'écart avec le neuf s'élargit alors fortement.
Reste que ce constat vaut pour le trimestre écoulé. Les prochaines annonces d'automne (nouveaux iPhone, nouveaux Galaxy A/S, nouveaux Pixel) diront si la répercussion s'étend au haut de gamme ou reste confinée au milieu.
Sur ce créneau, notre comparatif des meilleurs smartphones aide à repérer les modèles qui gardent un bon rapport qualité-prix malgré la crise de la RAM dont l'accalmie sur n'est pas attendue avant 2028.