Netflix, Disney+, Prime Video, Canal+ et les autres services n'ont visiblement pas terminé leur croissance. Selon les derniers chiffres publiés par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), le marché français de la vidéo a généré 1,555 milliard d'euros au premier semestre 2026.
Sur cette somme, 1,388 milliard d'euros proviennent de la vidéo à la demande par abonnement, soit 89,3 % du chiffre d'affaires total du secteur mesuré par le CNC. En clair, près de neuf euros sur dix dépensés sur ce marché proviennent désormais des abonnements de streaming.
Le streaming progresse encore de 16,4 %
Le chiffre est d'autant plus intéressant que la croissance n'est pas terminée. Le chiffre d'affaires de la vidéo à la demande par abonnement a progressé de 16,4 % par rapport au premier semestre 2025.
C'est loin d'être marginal pour un marché souvent décrit comme arrivé à maturité. Certes, la multiplication des plateformes a changé les comportements. Certains utilisateurs alternent leurs abonnements au lieu de conserver cinq ou six services toute l'année.
Les plateformes elles-mêmes cherchent de nouvelles façons de retenir les abonnés, notamment avec du sport, des offres groupées ou des catalogues plus diversifiés. Mais collectivement, les dépenses continuent d'augmenter.
Plus d'un internaute français sur deux utilise la SVOD chaque mois
Le streaming payant n'est pas seulement dominant en valeur. En moyenne au premier semestre, 55,7 % des internautes français âgés de 3 ans et plus déclarent avoir utilisé chaque mois un service de vidéo à la demande par abonnement, selon le CNC.
À titre de comparaison, la vidéo transactionnelle reste très loin derrière :
- 17,2 % déclarent avoir utilisé l'achat numérique
- et 15,2 % la location.
La différence est encore plus spectaculaire lorsqu'on regarde le chiffre d'affaires.
La vidéo physique ne représente plus que 62,4 millions d'euros au premier semestre, en baisse de 13,7 %. La location numérique recule elle aussi, tandis que l'achat numérique reste quasiment stable. Le marché ne s'est donc pas simplement déplacé du DVD vers le numérique. Il s'est surtout déplacé de l'achat d'un contenu vers l'accès permanent à un catalogue.
Un marché dominé par l'abonnement… mais de plus en plus fragmenté
Cette domination ne signifie pas pour autant que la bataille est terminée. Au contraire.
Netflix, Disney+, Prime Video, Canal+, DAZN et d'autres services cherchent désormais à se différencier autrement : agrégation de plateformes, sport, partenariats de catalogue, offres avec ou sans publicité, contenus locaux ou abonnements regroupés.
Le streaming par abonnement a gagné la bataille du format économique. Reste maintenant à savoir quelles plateformes réussiront à capter la plus grosse part des dépenses.
Et c'est là tout le paradoxe du marché en 2026 : les utilisateurs peuvent avoir l'impression qu'il existe déjà trop d'abonnements, tandis que le secteur, lui, continue encore à croître à deux chiffres.