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Netflix, Disney+ et Prime Video : près de 8 programmes regardés sur 10 sont désormais des séries

Films ou séries ? La réponse dépend désormais largement de la façon dont nous payons pour les regarder. Les derniers chiffres du CNC révèlent un étonnant effet miroir : 78,2 % de la consommation à l’achat ou à la location concerne le cinéma, tandis que 78,3 % de celle enregistrée sur Netflix, Disney+ et Prime Video concerne les séries. Un contraste qui raconte mieux que tout autre chiffre la transformation de nos usages vidéo.

Personne de dos regardant une interface de streaming sur une télévision dans un salon avec des boîtiers DVD.
La rédaction Ariase - publié le 18/09/2026 à 12h00

Le streaming par abonnement représente désormais près de neuf euros sur dix dépensés dans la vidéo en France. Mais les derniers chiffres du CNC révèlent une transformation encore plus nette de nos usages : quand les films dominent largement l'achat et la location, les séries concentrent 78,3 % de la consommation sur Netflix, Disney+ et Prime Video. Et la fiction française reste très minoritaire dans cet univers.

Le streaming représente désormais près de 9 euros sur 10 dépensés dans la vidéo

Le basculement est presque total. Au premier semestre 2026, le marché français de la vidéo a généré 1,56 milliard d'euros de chiffre d'affaires. À elle seule, la vidéo à la demande par abonnement (VàDA) en représente 1,39 milliard, soit 89,3 % du total.

Le streaming par abonnement progresse encore de 16,4 % sur un an. Tous les autres modes de consommation restent très loin derrière : la vidéo physique pèse 62,4 millions d'euros, la location numérique 66,8 millions et l'achat de vidéos à l'unité 37,9 millions.

Sur 100 euros générés aujourd'hui par le marché de la vidéo, environ 89 euros proviennent donc des abonnements.

Cette domination se retrouve dans les usages. Chaque mois au premier semestre :

  • 55,7 % des internautes français de 3 ans et plus déclarent avoir utilisé un service de vidéo par abonnement ;
  • 17,2 % ont utilisé l'achat numérique ;
  • 15,2 % ont eu recours à la location.

Le changement porte donc aussi sur ce que nous regardons selon la manière dont nous payons.

Quand on achète un programme, on choisit un film ; quand on s'abonne, on regarde surtout des séries

Les chiffres du CNC dessinent un étonnant effet miroir.

  • Dans la vidéo à la demande transactionnelle (lorsqu'un utilisateur loue ou achète un contenu à l'unité ) : 78,2 % de la consommation concerne le cinéma.
  • Sur Netflix, Disney+ et Prime Video, c'est presque l'exact inverse : 78,3 % de la consommation concerne les séries, contre seulement 21,7 % pour les films.

D'un côté, 78,2 % de films. De l'autre, 78,3 % de séries. Cette domination n'est pas apparue soudainement en 2026. Elle était déjà bien installée sur les grandes plateformes. Au premier trimestre, les séries concentraient 78,5 % de la consommation et leur part recule même de 0,5 point par rapport au premier semestre 2025.

Le classement des programmes les plus consommés sur les trois grandes plateformes au premier semestre confirme cette préférence. Les trois premières places sont occupées par des productions américaines :

  • La Chronique des Bridgerton ;
  • Stranger Things
  • et La Servante écarlate.

Les séries dominent les plateformes, mais la fiction française reste sous les 5 %

Une seconde étude du CNC, publiée le 16 septembre, apporte un contrepoint important. La fiction française conserve une place très forte à la télévision, notamment en soirée sur les chaînes nationales et parmi leurs meilleures audiences. Sur les plateformes par abonnement, son poids est bien plus faible.

Selon le CNC, la fiction française représente moins de 5 % de la consommation en VàDA. Elle arrive derrière les productions américaines, mais aussi britanniques, coréennes et espagnoles.

Ce chiffre ne porte pas exactement sur le même périmètre que les 78,3 % mesurés sur Netflix, Disney+ et Prime Video : il ne faut donc pas les comparer directement. Les deux études mettent néanmoins en évidence le même décalage entre télévision traditionnelle et plateformes.

La VàDA est désormais, selon le CNC, la première destination des jeunes lorsqu'ils veulent regarder des séries. Dans le même temps, les fictions françaises restent nettement plus fortes chez les diffuseurs historiques.

Le streaming n'a donc pas seulement remplacé le DVD

La progression de 16,4 % du streaming par abonnement ne raconte qu'une partie de l'histoire. En quelques années, l'abonnement est devenu le modèle économique ultra-dominant de la vidéo en France. Avec lui s'est aussi imposée une autre façon de regarder, davantage tournée vers les catalogues que vers l'achat ou la location ponctuelle d'un film.

Le chiffre le plus parlant n'est finalement peut-être pas celui des 89,3 % de chiffre d'affaires captés par l'abonnement, mais cet étonnant effet miroir :

  • 78,2 % de films lorsque nous payons à l'acte ;
  • 78,3 % de séries lorsque nous utilisons les trois grandes plateformes mondiales.

Deux proportions presque identiques pour deux façons très différentes de consommer la vidéo.

La rédaction Ariase

La rédaction Ariase

L'équipe de la rédaction Ariase analyse et décrypte au quotidien l'actualité du secteur des Télécoms.

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