C'était il y a un an et demi à peine. En mai 2025, le prix moyen d'un forfait mobile en France tombait à 9,84€, son niveau le plus bas depuis la création du baromètre des prix Ariase. Un plancher historique, porté par une concurrence féroce entre les opérateurs.
Mais la fête n'a pas duré. Un an plus tard, en mai 2026, ce même forfait coûtait 14,51€, soit une hausse de 47,5% en douze mois. Depuis, les prix sont redescendus. Un peu. Et surtout, pas suffisamment pour retrouver les niveaux du printemps 2025.
Les prix baissent, mais restent bien plus élevés qu'en 2025
Depuis deux mois, le prix moyen d'un forfait mobile s'est stabilisé autour de 12,68€, selon le baromètre des prix d'Ariase de septembre 2026. Le pic semble donc derrière nous.
Pour autant, difficile de parler d'un véritable retour à la normale. Sur un an, les prix affichent encore une hausse de 10,1%. Et si l'on remonte jusqu'au point bas de mai 2025, l'écart atteint près de 29 %.
La baisse de ces derniers mois est donc bien réelle, mais elle n'efface qu'une partie de la flambée précédente. Pour retrouver des forfaits à moins de 10€ en moyenne, il reste encore du chemin.
Rappelons que le forfait de référence retenu par Ariase correspond à l'offre la moins chère du marché avec appels et SMS illimités et au moins 20 Go de data. Un seuil qui permet de suivre le prix d'un forfait adapté aux usages moyens des Français, tels que mesurés par l'Arcep.
À la rentrée, pas de nouvelle guerre des prix
La rentrée aurait pu changer la donne. Septembre est traditionnellement une période propice aux promotions, les opérateurs cherchant à profiter de cette période pour recruter de nouveaux clients. Cette année, pourtant, les grosses opérations se font rares.
Quelques acteurs continuent bien de tirer les prix vers le bas. C'est notamment le cas de Lyca Mobile, Lebara et YouPrice chez les MVNO. La Poste Mobile se démarque également avec une promotion qui permet de profiter de quatre mois offerts.
Mais ce sont plutôt des exceptions. Dans l'ensemble, opérateurs et MVNO se montrent nettement moins agressifs qu'il y a un an. Les promotions spectaculaires qui avaient contribué à faire plonger les prix jusqu'au printemps 2025 ont largement disparu.
Ceux qui attendaient la rentrée pour retrouver les bonnes affaires de l'année dernière risquent donc d'être déçus.
Les opérateurs ont trouvé un autre terrain de bataille
Si la bataille se joue moins sur les prix, elle se déplace ailleurs. Et cette rentrée 2026 fait apparaître une cible particulièrement convoitée : les enfants.
Les opérateurs multiplient les solutions pour permettre aux parents d'équiper leurs enfants sans leur mettre immédiatement entre les mains un smartphone classique avec un accès complet à Internet.
SFR lance ainsi son Pack Kids Protégés. Bouygues Telecom baisse de son côté le prix de sa Kids Watch, une montre connectée destinée aux enfants. Orange fait encore un autre choix avec SaferPhone : un smartphone à l'environnement restreint, associé à un forfait de 5 Go, qui doit permettre aux plus jeunes de gagner progressivement en autonomie numérique sans avoir accès à toutes les possibilités d'un smartphone classique.
Les produits sont différents, mais la logique est la même. Plutôt que de se battre uniquement à coups de gigas et de promotions, les opérateurs cherchent de nouveaux moyens de se différencier. Et pour cette rentrée, les familles sont clairement devenues l'un de leurs terrains de jeu.
Et demain, encore moins de concurrence sur les prix ?
Difficile, dans ce contexte, d'imaginer un retour rapide à la guerre des prix. D'autant que le marché français des télécoms pourrait connaître un changement bien plus profond avec le rachat de SFR.
Si l'opération aboutit et entraîne une consolidation du marché, la concurrence entre les grands opérateurs pourrait encore perdre en intensité. Or, c'est précisément cette concurrence qui avait alimenté pendant des années la multiplication des promotions et la baisse des prix des forfaits mobile.
Cela ne signifie pas que les tarifs vont mécaniquement augmenter : les MVNO continueront de jouer leur rôle et les opérateurs auront toujours besoin de recruter et de fidéliser leurs abonnés. Mais avec moins de pression concurrentielle entre les grands acteurs, les incitations à casser les prix pourraient être moins fortes.