« Oui, 1er septembre, interdiction de l'utilisation du téléphone portable au lycée, sauf dérogations particulières », a déclaré le ministre sur l'antenne de Franceinfo. La proposition de loi est en cours d'adoption, avec une publication officielle attendue avant l'été. Pour les familles, la décision rebat les cartes en vue de l'équipement de la rentrée.
Ce que prévoit la nouvelle interdiction
La future interdiction couvre les trois niveaux du lycée (seconde, première et terminale). C'est l'extension logique du dispositif appliqué depuis la loi du 7 août 2018 dans les écoles primaires et les collèges, où l'usage des téléphones portables est déjà encadré.
La distinction tient au fait qu'au lycée, l'interdiction reposait jusqu'ici sur le règlement intérieur de chaque établissement, avec une application très variable d'un lycée à l'autre.
Le ministre a justifié sa décision dans des termes forts : « C'est absolument majeur pour nos élèves ». Un courrier ministériel d'instructions doit parvenir aux chefs d'établissement avant la rentrée, pour préciser les modalités d'application concrètes (casier individuel, pochette de remise en début de cours, consigne en salle des professeurs).
Les modalités précises ne sont pas encore arbitrées au niveau national.
Les dérogations qui restent ouvertes
Le ministre a évoqué des « dérogations particulières », sans publier la liste exhaustive. Plusieurs cas pratiques émergent toutefois des éléments transmis aux médias et repris par Presse-Citron.
- Espaces de cafétéria : usage toléré en dehors des heures de cours, à l'appréciation du règlement intérieur.
- Classes post-bac : BTS, classes préparatoires et formations supérieures hébergées dans les lycées seraient exclues du périmètre.
- Accessibilité liée à un handicap : usages d'aide technique (loupe, synthèse vocale, communication assistée) maintenus.
- Stage et alternance : nécessité de joindre l'employeur ou le maître de stage, à encadrer au cas par cas.
Le décret d'application devra trancher chacun de ces cas. Les fédérations de parents d'élèves attendent la liste précise avant la fin de l'été pour conseiller les familles. La mesure complémentaire d'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, séparée juridiquement, attend la validation de la Commission européenne et entrera en vigueur plus tard.
Le vrai virage que prépare le gouvernement
Avec cette extension au lycée, l'État ferme la séquence ouverte en 2018. L'école n'est plus un espace de coexistence avec le smartphone, c'est un espace dégagé du smartphone. La portée dépasse l'établissement : elle pose un précédent en matière de régulation des usages numériques chez les adolescents, à l'heure où plusieurs pays européens (Pays-Bas, Italie, Grèce) ont engagé des dispositifs similaires.
Pour les fabricants, l'effet sur les ventes s'avère marginal (le marché lycéen reste équipé hors temps scolaire), mais le signal politique nourrit le dossier plus large de l'âge minimum d'accès aux réseaux sociaux, qui se joue à Bruxelles.