L'enquête de l'Arcep porte sur les données 2024 et a été menée auprès des quatre grands opérateurs télécoms français. Elle inclut des mesures précises de consommation électrique sur 36 modèles de box internet, 8 modèles de répéteurs Wi-Fi et 23 modèles de décodeurs TV. Les résultats révèlent un paradoxe que peu de consommateurs soupçonnent.
90 % de consommation en veille : le chiffre qui interpelle
C'est la révélation centrale du rapport. Une box internet consomme en permanence, qu'elle soit sollicitée ou non. Et la part de cette consommation "inutile" , en veille, sans aucun usage actif, représente 90 % de la consommation totale.
Autrement dit, l'énergie dépensée pour faire circuler des paquets de données entre votre téléphone et Netflix représente à peine 10 % de ce que votre box consomme sur l'année. Le reste part dans le simple fait d'être allumée, connectée, prête à répondre à une requête qui ne vient pas.
Pour un foyer lambda, cela peut représenter entre 100 et 200 kWh par an rien que pour la box, le décodeur et le répéteur. Soit l'équivalent de plusieurs dizaines d'euros sur la facture électrique, pour un usage nul.
Une consommation stable pour les réseaux télécoms
L'enquête confirme par ailleurs que la consommation énergétique globale des réseaux fixes et mobiles se stabilise à 4,1 TWh en 2024, après quatre années de hausse consécutive. C'est une bonne nouvelle pour le secteur, qui absorbait une part croissante de la consommation électrique nationale.
Cette stabilisation s'explique principalement par l'amélioration continue de l'efficacité énergétique des équipements de réseau, qui compense la hausse du trafic. En clair : les réseaux transportent toujours plus de données pour une consommation électrique qui n'augmente plus.
Le rapport souligne aussi que la consommation énergétique des réseaux mobiles est 7 fois supérieure à celle des réseaux fixes par gigaoctet transporté (0,14 kWh contre 0,02 kWh). Un écart qui plaide pour préférer le Wi-Fi de la box plutôt que la 4G ou 5G pour les usages domestiques intensifs.
Les datacenters, eux, continuent de consommer plus
L'autre signal fort du rapport concerne les centres de données. Leur consommation électrique a progressé de 38 % en trois ans, tirée par l'essor du cloud computing, du streaming et, de plus en plus, de l'intelligence artificielle générative.
La concentration géographique est frappante : l'Île-de-France représente à elle seule plus de 70 % de la puissance et de la consommation électrique des datacenters étudiés. Trois régions (Île-de-France, Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur) concentrent 90 % du total national.
Ce que ça signifie pour votre box
Le constat de l'Arcep invite à reconsidérer quelques habitudes simples. Éteindre sa box la nuit, par exemple, est l'une des actions les plus efficaces pour réduire sa consommation électrique domestique. Sur une box qui consomme en moyenne 10 à 15 W en continu, éteindre 8 heures par nuit représente entre 30 et 44 kWh économisés par an, soit 3 à 5 € sur la facture électrique.
Certaines box récentes intègrent d'ailleurs un mode "éco" ou une programmation horaire. Une option à activer si votre opérateur la propose.
L'enquête de l'Arcep est disponible dans son intégralité sur le site du régulateur. Elle couvre également la fabrication des équipements de réseau, l'empreinte carbone des câbles fibre et les premières données sur l'impact de l'IA sur les infrastructures numériques françaises.