Les câbles sous-marins de fibre optique


Ecrit par François Le Gall




Publié en août 2011 et mis à jour le 21 octobre 2015


En tant qu'opérateur historique, France Télécom/Orange tire de la fibre optique et des lignes téléphoniques dans les rues et le long des routes. Ce que l'on sait moins, c'est qu'il tire aussi des câbles de télécommunication sous les océans pour relier les continents entre eux et densifier le réseau Internet.


Pour découvrir comment Orange Marine pose et répare les câbles sous-marins de fibre optique, Ariase s'est rendu sur le câblier René Descartes. L'occasion de passer une journée en mer au large de Brest pour découvrir "in situ" le travail passionnant des équipes à bord. Mais commençons d'abord notre voyage par un rapide cours d'histoire.


L'histoire des câbles sous-marins

La pose de câbles sous-marins n'est pas une activité récente. Le tout premier câble maritime a été tiré dans la Manche entre Calais (France) et Douvres (Angleterre) en 1851. Il faudra encore attendre une quinzaine d'années, en 1866, pour que le premier câble transatlantique relie l'Europe au continent américain. Côté pacifique, le premier câble télégraphique entre la côte ouest des USA et les Philippines sera inauguré en 1903.



De manière générale, l'histoire des câbles sous-marins se classe en trois périodes, chacune d'entre-elles étant caractérisée par un saut technologique majeur. La période initiale - de 1860 à 1950 - est liée à l'essor des liaisons télégraphiques reposant sur des câbles en cuivre. Après la fin de la seconde guerre mondiale, le télégraphe décline au profit du téléphone. Les liaisons sous-marines sont alors équipées de câbles téléphoniques coaxiaux. Le premier câble TAT (Trans-Atlantic Telephonic cable) est tiré en 1956 et durant les années qui suivent, chaque câble ne permettra de faire transiter que plusieurs milliers de communications simultanées.


En 1988, le premier câble sous-marin en fibre optique (TAT 8) relie la France, l'Angleterre puis les Etats-Unis. Il supporte une bande passante de 280 Mbits/s (x2) soit 40 000 communications téléphoniques simultanées. Dans les années 90 puis 2000, le développement rapide d'Internet et le volume croissant d'informations échangées contribuent à dynamiser le secteur. Des centaines de milliers de kilomètres de câbles sous marins sont posés au fond des mers pour interconnecter les pays du monde entier.


Les plus récents câbles mis en service supportent une bande passante supérieure à 5 Tbit/s (5000 Gbit/s) assurant des dizaines de millions de connexions simultanées ! La plupart des câbles océaniques qui transitent par la France sont situés en Bretagne et à Marseille :


  • FLAG Atlantic (4.8Tbit/s) passe à Plérin dans les Côtes d'armor pour rejoindre l'Angleterre puis les USA
  • APOLLO (3.2 Tbit/s) part de Lannion (Côtes d'armor) vers les Etats-Unis.
  • SEA-ME-WE 3 (960 Gbit/s) transite à Penmarc'h (Finistère) pour aller en Chine et en Australie.
  • MED CABLE (1.28 Tbit/s) part de Marseille pour rejoindre Alger et Oran (Algérie)
  • I-ME-WE (3.84 Tbit/s) part de Marseille pour irriguer le Moyen Orient (Arabie Saoudite..) et l'Inde.
  • CC5 (3.7 Tbit/s) assure le lien entre Ajaccio (Corse) et La Seyne-sur-mer (Var).
  • SEACOM (1.28 Tbit/s) part de Marseille puis longe la Mer Rouge à destination de l'Afrique du Sud (via le Kenya, Mozambique, Ouganda..).

Orange Marine (anciennement France Télécom Marine)

France Télécom Marine

Longtemps resté sous la coupe du ministère des postes et des télécommunications, France Télécom Marine est devenu une filiale à 100% du groupe Orange en 2000. La société est spécialisée dans l'étude des tracés, la pose, la maintenance et la réparation des câbles sous-marins dans le monde entier.


En 2010, France Télécom Marine a racheté Elettra, son homologue italien jusqu'à présent sous le contrôle de Telecom Italia. Grâce à cette acquisition, France Télécom Marine possède désormais une flotte de 6 navires câbliers basés en Europe, en Méditerranée et dans l'océan indien. En juillet 2013, France Télécom Marine a été officiellement rebaptisé Orange Marine.


  • Le Chamarel anciennement basé au Cap en Afrique du Sud. Le navire a été détruit par un incendie en août 2012 .
  • Le Léon Thévenin est basé à Brest pour couvrir l'Atlantique et l'Europe du Nord.
  • Le Raymond Croze basé à la Seyne-sur-mer (Toulon) a la responsabilité de la zone Méditerranée, Mer Rouge et Mer Noire.
  • Les navires Certamen et Teliri, opérant à partir de Catane en Sicile, épaulent le Raymond Croze.
  • Le René Descartes est le navire-amiral : il intervient sur tous les océans du globe.
  • Le nouveau câblier - le Pierre de Fermat - a été mis à l'eau en 2014.

Sur les quelques 800 000 kilomètres de câbles sous-marins actuellement en service, France Télécom Marine en a posé 150 000, soit une part de marché mondial d'environ 20%. Le reste du secteur est partagé avec par d'autres grands industriels tels que Alcatel Submarine Networks, Tyco (USA), Global Marine Systems (Grande-Bretagne) ou encore les japonais NTT World Engineering Marine Corporation et KDDI.




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