Certains ne veulent que la fibre optique, d'autres non...


Ecrit par François Le Gall le mercredi 28 novembre 2012 à 13h58


Actualités En général

Alors que Bouygues milite pour la fibre optique et l’extinction du cuivre, Orange et Free s'intéressent aussi à la montée en débit avec le VDSL2.


Déploiement du très haut débit en France Le nouveau numéro des "Cahiers de l'ARCEP", la publication du Gendarme des Télécoms, est l'occasion pour les opérateurs de défendre leur vision du déploiement du très haut débit en France. Et le moins que l'on puisse dire c'est que les avis divergent malgré la ligne directrice fixée par le Gouvernement.

L'aménagement numérique des territoires fait couler beaucoup d'encre. Et si les enjeux (compétitivité des entreprises et des territoires, croissance de l'économie numérique, nouveaux usages...) sont bien connus, les questions du financement et de l'égalité des territoires sont loin d'être entièrement réglées.

Vers l'égalité numérique des territoires (et des citoyens) ?
Cécile Duflot, ministre de l'égalité des territoires et du logement, prévient d'emblée que "pour que le progrès puisse être partagé par tous, qu'il ne soit pas réservé aux seuls territoires très denses, équipés spontanément par les opérateurs, la question des infrastructures redevient première".

Bien entendu, l'ARCEP a mis en place un cadre réglementaire pour le déploiement de la fibre optique en zone dense et non dense, mais quels moyens et quelle péréquation le gouvernement compte-t-il mettre en œuvre pour assurer l’égalité numérique des territoires ?

Pour Jacques Pélissard, président de l'Association des Maires de France, "les conditions ne sont pas remplies pour atteindre l’objectif ambitieux d’une couverture de l’ensemble de la population en fibre optique d’ici 2022." Le député-maire de Lons-le-Saunier souligne par ailleurs le manque de visibilité sur l’engagement réel des opérateurs et la concrétisation de leurs intentions d’investir. Sans parler du mode de financement du fonds d'aménagement numérique du territoire (FANT) qui n'est toujours pas arrêté.

Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France, enfonce le clou et affirme qu'en "matière de couverture, le seul objectif valable est d’atteindre 100 % [...] pour nous, qui ne sommes pas dans une logique de rentabilité mais de service public, les derniers 0,5 % valent autant que les premiers 99,5 %".

Bouygues Télécom
Et les opérateurs, qu'en pensent-ils ? Deux camps se dessinent finalement avec d'un côté Bouygues Télécom / SFR, et de l'autre Orange / Free. Pour Didier Casas, le secrétaire général de Bouygues Télécom, le déploiement du FTTH à deux vitesses serait désastreux. Il milite pour que "la réglementation réserve la mise en œuvre de la montée en débit sur cuivre aux secteurs dans lesquels un déploiement de la fibre n’est pas économiquement viable dans les dix ans à venir, et sous réserve que les travaux engagés puissent être réutilisés pour le Ftth".

Bouygues Télécom souhaiterait également "sécuriser les investissements dans les réseaux optiques en fixant clairement un horizon d’extinction du cuivre. Concernant les réseaux d’initiative publique, Didier Casas estime qu'il faut soutenir les RIP interdépartementaux ou régionaux qui attireraient davantage les opérateurs nationaux.

SFR
Philippe Logak, secrétaire général de SFR, insiste sur le fait qu'il ne "faut pas perturber les investissements dans la fibre". Pour SFR, l'une des clés du déploiement du très haut débit réside dans une fiscalité plus équilibrée entre les différents acteurs. Philippe Logak défend ainsi l'idée que les "fournisseurs de services et les prestataires de transit contribuent aux investissements des opérateurs".

Quand à la montée en débit de la sous-boucle de cuivre comme le VDSL2, SFR estime qu'elle ne doit être retenue que pour les zones non dégroupées en priorité ou non dégroupables, afin de ne pas perturber les investissements dans la fibre".

Orange
Dans la lignée de SFR, Orange rappelle que "la pression fiscale et réglementaire sur les opérateurs n’a pas diminué mais a même eu, au contraire, tendance à s’accroître". Plutôt que de cibler certains acteurs du numérique, Orange estime que les "pouvoirs publics ont eu tendance à privilégier une vision consumériste à court terme, au détriment de considérations industrielles favorables aux investissements".

Pierre Louette, directeur général adjoint d'Orange, affirme que "la complémentarité est une condition essentielle de l’efficacité des investissements" pour le déploiement du très haut débit. Orange évoque bien entendu les partenariats publics/privés comme par exemple les conventions avec les collectivités locales (en Bretagne notamment).

L'opérateur historique va plus loin et déclare que "ce n’est que par la mobilisation des différentes technologies disponibles (FTTH mais aussi montée vers le très haut débit, voire satellite) qu'il sera possible de répondre aux attentes du plus grand nombre et de garantir un aménagement numérique équitable entre les territoires".

Iliad-Free
Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad, partage le même point de vue en déclarant que plutôt que de fibrer dans l’urgence tout le territoire, nous sommes fermement convaincus qu'il faut jouer de la complémentarité des solutions techniques ; FTTH là où l’équation économique le permet, montée en performance du cuivre partout où c’est possible, et solutions complémentaires 4G et satellite pour l’habitat isolé".

Hostile aux idées de taxation du cuivre ou des abonnements dans le but de financer le FTTH - et notamment "la couverture à grand frais des zones les moins denses" - Maxime Lombardini plaide plutôt pour bâtir sans attendre "un plan ambitieux et peu coûteux de montée en capacité du cuivre".


Les opérateurs ne partagent pas la même vision de l'aménagement numérique et chacun défend sa stratégie. Fleur Péllerin, ministre chargé de l'économie numérique, a réaffirmé lors du colloque 2012 de l'ARCEP la volonté de l'Etat d'endosser un véritable rôle de planificateur et de chef d’orchestre des déploiements du très haut débit. La feuille de route présentée par le Gouvernement en février 2013 réussira-t-elle à concilier les intérêts variés des opérateurs et les attentes des collectivités locales ?





Vos commentaires

niko12 - le mercredi 28 novembre 2012 à 19h13

Et d'autres sont encore en zone blanche voir grise, alors fibrons ses zones en priorités. C'est la moindre des choses pour leur dire que se ne sont pas de citoyens de 2ème zone.

sh54710 - le mercredi 28 novembre 2012 à 19h18

Bonjour,
Désolé, mais j'ai bien du mal à distinguer les positions des 2 camps (BT / SFR d'une part et Orange / Free d'autre part) à la lecture de l'article. Les questions de fiscalité "troublent" les solutions techniques privilégiées par les uns et les autres.

Par exemple, pour Orange:Citation :
Dans la lignée de SFR ....
.... or ils sont sensés ne pas être dans le même camp .....

François - le mercredi 28 novembre 2012 à 20h30

Dans la lignée de SFR sur la question de la pression fiscale mais pas en ce qui concerne le VDSL. Orange se rapproche alors de Free.

L'ensemble des interventions est disponible ici :
www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/Cahiers_ARCEP_09_standard.pdf (25 Mo)

bodenis - le jeudi 29 novembre 2012 à 09h57

La pire situation est d'habiter une commune rurale, faisant pourtant partie d'une communauté de communes d'une petite ville. Résultat, aucun espoir de fibrage parce que trop loin (7,7 km du premier NRA), et pas une chance de bénéficier d'un miracle, genre "expérience de fibrage d'un bled paumé", vu qu'on est considéré comme faisant partie d'une communauté de communes bien équipée !
On garde donc l'RE-Adsl à 64/16 Kos, pour la modique somme de 42 euros/mois, et on se paie le satellite quand on a obligation de transfert de fichiers (99 euros/mois dans mon cas, pour 50 Go de fichiers), bien entendu à titre professionnel, mais pas remboursé.
Ce bel équipement me permet au choix de surfer comme il y a 15 ans, ou de recevoir de gros fichiers très vite (2 Mo/s). Mais attention ! Le satellite est nul pour surfer, car il est encore plus lents que le RE-ADSL dès qu'il y a beaucoup d'échange de tout petits fichiers (site complexe par exemple) ! En plus, il plante régulièrement, en nous annonçant qu'on est pas connecté à internet (y a des arbres qui font barrage sur la colline, sinon ça ne serait pas drôle) !
Quand à la 4G, attendez déjà que la 3G fonctionne autrement que debout sur mon canapé, juste à l'angle de l'accoudoir, avec au moins 1 barre
Bref, je continue à casser les pieds au maire dès que je le croise (il s'en fout, il ne pense qu'au "tout à l'égout"), j'ennuie la communauté de communes qui fait de moins en moins de réunions sur le sujet, et je regarde passer dans le village la nouvelle ligne LGV, qui est garnie de fibres optiques ultra-rapides, mais ne les partage pas. Vous avez dit "fracture numérique" ?
Si j'en crois la communauté de communes, on aura 2 Mo en… 2025

totofthetof - le vendredi 30 novembre 2012 à 12h31

TOUT A FAIT D'ACCORD AVEC TOI NICO 12
alors dite le si vous etes avec nico
pour moi c oui +1
y'en a marre d'etre oublier nous les zones grises ou blanches
on veux comme tout le monde c simple
totof

dd27 - le vendredi 30 novembre 2012 à 13h13

Cela fait des années que je me bats pour avoir le haut débit pour notre hameau ( pétition, articles journaux , politique). Mais j'ai été très surpris et énervé du comportement d'Orange qui est dans le dénis , répond au politique comme si ils n’étaient rien (député ,sénateur).
Orange ne veut pas dépenser 1 euros pour le rural il considère que c'est aux collectivités de payer ,alors qu'un abonné rural paye plus cher qu'un citadin pour moins de service ( abonnement internet + fixe obligatoire pour les readsl 512k).
Le pire c'est que l'on a du 512k alors que récemment on a découvert que le fibre passe a 100 mètres du hameau , les opérateurs ce moquent tous de nous , mais pas de leurs actionnaires et veulent faire payer les collectivités département régions pour faire leur travail et trainent des pieds , jouent le pourrissement.
Les politiques ont juste une chose à faire pour le clouer le bec :'déclarer internet d'utilité publique',comme l'eau et l’électricité.
Mais je doute qu'il le fasse le lobbying des opérateurs sera le plus fort.
En attendant vive le 512k , zone blanche ou grise nous sommes la poule aux œufs d'or de l'opérateur historique.

fredoche71 - le vendredi 30 novembre 2012 à 18h33

Des solutions existent, j'en suis la preuve

plutôt que de vous battre tels des "don quichotte", il serait temps de vous prendre par la main, de vous associer, et plutôt que d'être vache à lait, créer vos propres réseaux, avec votre argent, et payer 2 fois moins cher pour 20 fois plus vite.

mais bon...

En fait au départ, je voulais dire à bodenis que le "tout à l'égout", c'est une, non "la" magnifique" opportunité de tout fibrer, et vraiment à moindre coût.
Maintenant faut pas grogner, fô être constructif, et ma foi... parfois ça marche.

totofthetof - le vendredi 30 novembre 2012 à 21h38

youaiche dd27 1+
dacord avec toi
totof


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