Le partenariat annoncé à l'été 2025 entre Netflix et le groupe TF1 prend forme aujourd'hui en France. Les cinq chaînes en direct, plus l'intégralité du catalogue TF1+, s'invitent dans l'application Netflix sans surcoût pour les abonnés. Une première mondiale qui dit beaucoup du virage que prennent les plateformes.
Cinq chaînes en direct et 35 000 heures de TF1 sur Netflix
Dans une nouvelle section TF1+ dédiée sur l'écran d'accueil de l'application, les abonnés français retrouvent TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et la chaîne d'info LCI, accessibles en direct depuis Netflix.
À cela s'ajoutent près de 35 000 heures de programmes en replay et à la demande :
- fictions (Le Diplôme, Zodiaque, La Cible) ;
- feuilletons quotidiens (Demain nous appartient, Ici tout commence, Plus belle la vie) ;
- divertissements (Koh-Lanta, Star Academy, Danse avec les Stars) ;
- sport, avec notamment le rugby des Nations Championship et les matchs de l'Équipe de France de football.
Les programmes s'insèrent dans les formules Netflix via l'algorithme de recommandation maison : un épisode de Koh-Lanta peut atterrir entre deux séries Netflix originales dans votre file d'attente. Un foyer qui ratait habituellement le 20 heures n'a plus besoin de basculer sur TF1+ ou sur la TNT pour le rattraper le lendemain.
L'opération a été dévoilée la veille à la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt, en présence de Greg Peters, co-directeur général de Netflix, et de Rodolphe Belmer, président du groupe TF1.
Pourquoi la publicité revient même en formule Premium ?
Premier point de friction prévisible pour les abonnés : les programmes TF1 et TF1+ diffusés via Netflix conservent leur publicité. Et ce, quel que soit le palier souscrit, y compris pour les abonnés Premium habitués à un service sans pub.
Laurent Uguen, en charge du dossier chez Netflix, le confirme : « nous avons fait le choix que la consommation des contenus de TF1 se fera avec de la publicité ». Une version sans pub n'est pas annoncée à ce stade.
L'autre changement, plus discret, concerne la mécanique de découverte. Les contenus TF1 sont indexés par l'algorithme de recommandation Netflix et apparaissent dans les écrans personnalisés selon vos habitudes.
À voir, dans les semaines qui viennent, si un foyer Netflix qui ne regardait plus TF1 en linéaire depuis des années retrouve le réflexe via cette intégration. Sur le plan technique, le dispositif s'active progressivement sur tous les supports (TV connectée, mobile, navigateur web) au cours de la journée.
Le pari de Netflix derrière ce mariage de raison
- Pour Netflix, c'est la première fois dans son histoire qu'elle devient diffuseur de chaînes linéaires d'un tiers. Une rupture avec son ADN de catalogue exclusif. L'enjeu : capter l'audience télé traditionnelle française, encore massive sur les feuilletons quotidiens, et ouvrir une nouvelle ligne de revenus publicitaires sur un inventaire qu'elle ne produit pas.
- Pour TF1, c'est l'inverse. L'objectif est de sécuriser la distribution streaming face à la fragmentation du marché et accéder à une audience plateforme jeune et urbaine, à laquelle son tuyau traditionnel parle moins.
L'opération ouvre surtout une question pour les concurrents. Si TF1 trouve son public via Netflix, France Télévisions et le groupe M6 pourront difficilement rester en dehors longtemps.
Pour le téléspectateur, la promesse est de rassembler ce qu'il regarde sous une seule interface, plutôt que de jongler entre cinq applications. Le revers, c'est une attention captée par un seul acteur, qui décide aussi ce qui remonte ou non dans le flux. À comparer avec les autres plateformes streaming dont le modèle reste indépendant.
L'intégration prend effet aujourd'hui sur les écrans français. Tout dépendra ensuite de l'usage réel : si dans trois mois, un foyer Netflix consomme autant TF1 dans Netflix que sur TF1+ ou la TNT, le pari aura tenu, et la prochaine vague de partenariats chaîne-streaming, en Allemagne ou au Royaume-Uni, suivra.