60 % des Français ont tourné le dos à la télévision linéaire
En mars 2026, une étude Odoxa réalisée pour /influx auprès de 1 005 personnes démontre que 60,4 % des Français privilégient la vidéo à la demande à la télévision en direct. La limite du linéaire, c’est qu’il faut regarder ce qu’une chaîne diffuse sur un créneau précis et déterminé à l’avance. Avec le streaming, c’est l’inverse : on choisit son programme et son heure.
Ce basculement n’est pas conjoncturel. Les habitudes ne se réinitialisent pas comme une mise à jour de téléphone. Elles s’installent, se renforcent et finissent par définir une nouvelle tendance. C’est exactement ce que l’on observe dans la manière de consommer du contenu vidéo. Les spectateurs recherchent la flexibilité.
Chez les jeunes et les actifs, la rupture est quasi totale
Le streaming est désormais ancré dans le quotidien des jeunes et des actifs. Le sondage Odoxa/Influx révèle des chiffres qui laissent peu de place au doute. 88,9 % des 18-24 ans privilégient la vidéo à la demande. Chez les étudiants, on monte à 90,3 %. Pour ce qui est des salariés, on est à 71,4 %.
Manuel Diaz, CEO de /Influx, explique que les habitudes qui s’installent à 20 ans ne changent pas à 40. Aujourd’hui, ce sont deux générations entières qui se construisent sans la télévision linéaire. Autant dire qu’un retour en arrière n’est pas à l’ordre du jour. Au contraire, ce n’est que le début d’un nouveau modèle.
Les CSP+ ont aussi changé d’écran
Les CSP+ regroupent les cadres, les professions libérales et les foyers à revenus élevés. Historiquement, c’est pour toucher ces profils que les annonceurs paient le plus cher en télévision. Selon le sondage Odoxa/Influx de mars 2026, 67,8 % d’entre eux préfèrent désormais le streaming à la TV en direct.
Ce chiffre modifie la nature même de l’équation publicitaire. Les espaces proposés en linéaire perdent leur argument principal : atteindre les décideurs et les consommateurs à fort pouvoir d’achat. Ces personnes ont changé d’écran et les tarifs publicitaires télévisés ne reflètent pas encore cette réalité.
La pub TV décroche, le digital prend tout
Publiés le 12 mars 2026 par France Pub, l’IREP et Kantar Media, les chiffres du BUMP 2025 sont sans appel. Les recettes publicitaires de la télévision ont chuté de 8,1 % en un an. Pour sa part, la durée de la pub en TV linéaire a reculé de 14,1 % sur la même période.
De leur côté, les acteurs numériques captent désormais près des deux tiers du marché publicitaire français. En 2025, le digital a généré 12,4 milliards d’euros, soit une hausse de 11 % sur un an. Les changements de comportement en matière de consommation de contenus chamboulent donc tout un modèle économique.
Manuel Diaz résume la situation en termes clairs : les budgets publicitaires n’ont pas encore rattrapé les audiences. Quand ce rééquilibrage se produira, il sera brutal et rapide.