Le VDSL2 arrive bientôt : à quoi faut-il s'attendre ?


Ecrit par François Le Gall le mardi 30 avril 2013 à 10h15


Actualités Technologies Réseaux

La technologie VDSL2, qui booste les débits Internet sur les lignes téléphoniques, sera progressivement introduite en France à l'automne prochain.


L'Autorité de régulation des télécoms (ARCEP) vient d'annoncer que le comité indépendant d'experts, regroupant notamment des opérateurs et des équipementiers, a rendu un avis favorable à l'exploitation commerciale du standard VDSL2 en France.

Le VDSL2 est une technologie applicable aux lignes téléphoniques qui permet d'augmenter de façon significative le débit des connexions Internet par rapport à l'ADSL. Rappelons que dans le meilleur des cas, la vitesse d'une connexion ADSL est limitée à 22 mbit/s en réception alors que théoriquement elle peut passer à 100 mbit/s grâce au VDSL2. L'ARCEP précise néanmoins que "le gain de performance du VDSL2 se limite aux lignes de cuivre dont la longueur n'excède pas 1 km [...] en distribution directe et aux lignes des NRA issus d'un réaménagement de réseau".

L'éligibilité VDSL2 sera contraignante
Qu'est-ce que cela signifie ? Concrètement, le VDSL2 sera donc possible sur des lignes répondant à des critères d'éligibilité technique précis et restrictifs. Le premier élément est l’affaiblissement de ligne - mesuré en decibel - et qui ne devra pas être supérieur à 18 dB selon nos estimations. Le second critère implique que la ligne doit être reliée au central téléphonique via un seul tronçon de câble sans transiter par un sous-répartiteur. Les lignes téléphoniques avec, par exemple, deux sections de câble sont donc disqualifiées d'office.

Selon les estimations de l'ARCEP, 16,3% du parc de lignes téléphoniques représentant environ 5 millions de foyers serait éligible au VDSL2. Mais attention, moins de 2 millions de lignes bénéficieraient d'un débit en réception supérieur à 30 mbit/s.

Test VDSL2 d'OVH

Au coeur du débat, la question des débits a d'ailleurs fait couler beaucoup d'encre ces derniers mois. Si des vitesses supérieures à 100 mbit/s sont possibles sur des profils particuliers (exploitation des fréquences plus hautes), les débits commerciaux réels seront beaucoup moins rapides que ceux annoncés par OVH l'année dernière par exemple.

Le VDSL2 en attendant mieux...
Comme le montre ces graphes issus du test d'éligibilité de l'opérateur OVH, le débit VDSL2 estimé est passé de 112 à 68 mbit/s sur une ligne à 8dB (410 mètres de longueur) ! Il semblerait donc que les débits VDSL2 que l'on constatera en France seront finalement assez proches de ceux que que l'on observe chez nos voisins européens en Belgique ou en Allemagne notamment.

Si l'on se fie aux estimations fournies par OVH, une ligne collée au central téléphonique pourrait fournir un débit allant jusqu'à 80 mbit/s en réception et 20 mbit/s en émission. En revanche, la vitesse tombe à 45 mbit/s (et 5 mbit/s en upload) avec une ligne à 9 dB (500 mètres) et aucune montée en débit n'est constatée une fois franchi le cap des 1000 mètres.

Le VDSL2 devrait avant tout concerner les zones moins denses qui ne sont pas concernées par des déploiements de fibre optique à court terme (hors zones très denses et hors zones d'appels à manifestation d'intentions d'investissement). Typiquement, le VDSL2 devrait par exemple concerner les lignes branchées sur les 2000 sous-répartiteurs réaménagés ces dernières années en noeuds de raccordement (NRA-med anciennement baptisés NRA-ZO).

Si certains, comme Orange et Free notamment, considèrent que le VDSL2 est complémentaire de la fibre optique, d'autres acteurs comme l'Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel (AVICCA) craignent que les investissements dans le VDSL2 nuisent au développement du FTTH et accentuent la fracture numérique.

D'une portée limitée et ne permettant que des débits asymétriques, le VDSL2 n'est clairement pas une alternative à la fibre optique qui constituera bon gré mal gré la dorsale numérique de la France dans les prochaines décennies. Il ne faut pas pour autant jeter l'anathème sur le VDSL2. Celui-ci a le mérite de préparer le très haut-débit d'une part (la fibre se rapproche du domicile et les internautes s'approprient de nouveaux usages) et son développement se poursuit. Des opérateurs et des équipementiers comme Alcatel-Lucent continuent de travailler à l'amélioration des débits (techniques de vectorisation et future norme G-fast) sur le réseau cuivre.

Une campagne de tests sera lancée durant l'été dans les départements de la Gironde et de la Dordogne où sont implantés de nombreux NRA-med en zones rurales justement. A l'issue de cette phase de pré-généralisation, le VDSL2 sera intégré à l'offre de gros de France Télécom de manière à ce que les opérateurs qui le souhaitent puissent proposer la montée en débit à leurs clients.


Le VDSL2 nécessitera des investissements de la part des opérateurs en amont du réseau (changements et/ou mises à jour des DSLAM) mais également en aval (renouvellement du parc de Box dans certains cas). Depuis plusieurs mois, SFR teste par exemple une version VDSL de sa Box. Du côté d'Orange, la Livebox 2 n'est pas "VDSL2 ready" contrairement à la nouvelle Livebox Play lancée en février dernier. Quant à OVH, il est dans les starting-blocks et annoncent déjà que "tous ses abonnés ADSL éligibles au VDSL2 seront automatiquement basculés sur cette technologie dès son lancement partout en France".





Vos commentaires

prououou - le mardi 30 avril 2013 à 17h18

Citation :
Le VDSL2 arrive bientôt : à quoi faut-il s'attendre ?

Il faut s'attendre à l'accroissement de la fracture numérique, tout simplement
Le graphique illustrant cette news est démonstratif en ce sens que

- ceux qui sont à 10Mbps ou moins, ne verront aucun changement

- ceux qui sont déjà à 22Mbps ou plus verront leur débit tripler
.... sauf si le VDSL2 était mis à profit pour bénéficier du rapprochement de la fibre optique et booster son développement,
puisqu'il n'y a pas de VDSL2 sans fibre optique

olivier069 - le mardi 30 avril 2013 à 21h05

farpaitement prouuuuuuuuououou !

gls01 - le mercredi 1 mai 2013 à 02h54

C'est plus une fracture , c'est une amputation !!!

VDSL 2 : Vraiment DéSoLé deux fois

Markco - le mercredi 1 mai 2013 à 06h19

J'en pense que c'est encore du grand n'importe nawak et du fric dépensé pour rien. Quand va t'on réfléchir en France et mettre en place une solution viable et efficace que tout le monde peut utiliser et pas comme d'habitude être utilisée par une poignée de privilégiés.

Hé oui en France il y en a encore qui fonctionnent en Rtc 56k ou bloqué en 512 re-ADSL, étonnant non et pourtant c'est la stricte et pure vérité et que fait on pour eux, rien on les laisse crever la gueule ouverte. Et pourtant le WIMAX existe, entre autre, qu'attendons-nous en France pour le développer à grandes échelles au moins ceux qui sont encore en 56 k pourraient bénéficier d'au moins 10 megas. En France s'est bien connu on s'y prend toujours à l'envers.

Savez-vous messieurs les penseurs et ingénieurs (Arcep and consorts) dans vos bureaux dorés équipés d'une connexion à 100/mbits et qui avez fait de hautes études que la France ne s'arrente pas au périphérique parisien!!!

zorglub74 - le mercredi 1 mai 2013 à 10h36

Concernant la fracture numérique c'est sur que cela ne va pas améliorer les choses, bien au contraire.

Pour ce qui est des investissements je ne pense pas qu'il y'ait de quoi s'affoler car on peut franchement supposer que le VDSL2 sera proposé par les opérateurs sur des équipements qui sont déjà compatibles et qu'ils ne vont pas investir pour "upgrader" des équipements obsolètes alors que le plan d'extinction du cuivre est soit disant en route.

Le problème va plutôt se trouver au niveau de la collecte des NRA qui si elle n'est pas fibrée va générer une conflit très important en vitesse de synchronisation des abonnés à proximité de celui-ci et débit réel constatés qui sera contraint par le lien de collecte... Bon on peut supposer que dans ce cas les lignes ne seront pas déclarées éligibles au VDSL2.

happysad - le mercredi 1 mai 2013 à 15h30

En tout cas je trouve un peu curieux le critère d'éligibilité (transport ou distribution directs uniquement), dans les grandes villes on peut assez souvent avoir des lignes courtes qui passent quand même par une SR, tandis que les transports directs sont assez fréquents sur des petits NRA à la campagne (il arrive en zone très rurale d'y avoir des transports directs de 3 ou 4 km). Une limite d'affaiblissement seule aurait été plus pertinente à mon avis.

EDIT : j'ai un peu survolé la news, je n'avais pas vu que l'ARCEP devrait aussi introduire une limite d'affaiblissement, cependant ça ne contredit pas l'ensemble de ma remarque.

prououou - le mercredi 1 mai 2013 à 15h54

Citation :
En tout cas je trouve un peu curieux le critère d'éligibilité (transport ou distribution directs uniquement), dans les grandes villes on peut assez souvent avoir des lignes courtes qui passent quand même par une SR, tandis que les transports directs sont assez fréquents sur des petits NRA à la campagne (il arrive en zone très rurale d'y avoir des transports directs de 3 ou 4 km).
En fait ta remarque éclaire la logique du processus (qui ne m'avait pas sauté aux yeux).

Citation :
Le second critère implique que la ligne doit être reliée au central téléphonique via un seul tronçon de câble sans transiter par un sous-répartiteur.
En réalité, ce critère implique que le central concerné est l'ancien sous-répartiteur (promu en NRAmed) qui desservait la ligne considérée.

Vu sous cet angle, ce sera un coup de pouce à la montée en débit via l'opticalisation des sous-répartiteurs.

zinzolin09 - le mardi 7 mai 2013 à 13h03

Bonjour,
Vous allez m'accuser de nombrilisme, mais mon nombril se situe au Sud-Est de l'Ille et Vilaine, en limite donc du département et de la région... au bout du monde, quoi!
Donc, pour la fibre, sans doute le dernier servi.
Par contre, je suis chez Orange à 504 m du NRA et bien qu'ayant un débit de 12/13 mégas (les 18 mégas, je ne les ai jamais eus.), je verrais d'un bon oeil qu'on me quadruple/quintuple la mise.
En fait, je crains que ça ne serve pas à grand chose, comme pour la fibre, car à quoi bon un débit de malade si les FAI continuent de ne pas mettre les tuyaux adéquats et les sites les serveurs qui vont bien.
Avez-vous essayé de regarder le direct ou un replay, vers 20/21h, sur les sites des chaînes de TV?
Ici, c'est perdu d'avance.
Allez, bonne journée :-)

François - le mardi 7 mai 2013 à 21h19

Bonsoir,

On est dans le meme coin et dans la meme situation côté débit. Par contre, je ne pense pas que le replay rame à cause du débit de la connexion mais à cause de la saturations des liens de peering entre les opérateurs et les fournisseurs de contenus.

zinzolin09 - le mardi 7 mai 2013 à 21h33

Bonsoir, François,
Je me suis peut-être mal exprimé (pas du tout spécialiste, juste utilisateur d'internet), mais c'est ce que je voulais dire.
Il y a quelque part des tuyaux sous-dimensionnés qui feront que même avec la fibre et 100 Mo, les choses n'iront pas forcément beaucoup mieux.
Pourtant si Orange me propose du VDSL2 tout de suite, je prendrai sans attendre un hypothétique raccordement à la fibre.

François - le mardi 7 mai 2013 à 22h14

Je confirme en tout cas que les zones non prioritaires pour la fibre (nous en gros !) seront VDSLisées dans la mesure du possible mais attendons voir à quelle sauce on sera manger =)

Barou47 - le mardi 7 mai 2013 à 23h15

A condition bien sûr d'être en distribution directe depuis le NRA ce qui n'est pas toujours le cas.


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