Fin de l'illimité : une tempête dans un verre d'eau ?


Ecrit par François Le Gall le lundi 22 août 2011 à 17h23


Actualités En général

L'hypothétique remise en cause de l'accès illimité à Internet par certains opérateurs a déclenché de vives réactions.


Illimité remis en cause : une tempête dans un verre d'eau ? Entre le buzz médiatique, la levée de boucliers des internautes et les réactions politiques, qu'en est-il aujourd'hui ?

Dévoilé par le site d'information Owni.fr, un document de la FFT suggère la mise en oeuvre de "plafond de consommation" sur les abonnements Internet haut-débit fixes.

Actuellement, les forfaits Internet (principalement via l'ADSL) sont qualifiés d'illimités, dans ce sens que la connexion des abonnés n'est ni limitée en durée d'utilisation ni en quantité de données échangées vers ou depuis le réseau.

En revanche, le débit de la connexion est tributaire :

- des contraintes d'éligibilité technique (affaiblissement, collecte optique...)
- de l'installation informatique de l'internaute (modem USB, connexion CPL ou WiFi, ordinateur infecté par un virus, installation téléphonique désuète...)
- des éventuelles perturbations extérieures (brouillage électromagnétique, diaphonie...)

Dans un document de 9 pages intitulé "transparence de l'information consommateur", la Fédération Française des Télécoms imagine des offres segmentées qui ne se différencient plus par le prix ou les services inclus (téléphonie, TV...), mais par des volumes de données (bridant le débit...) et par certains usages tels que le peer-to-peer ou les newsgroups.

Interrogé par Le Figaro, Yves Le Mouël, directeur général de la FFT, a tenté de rassurer les "internautes ordinaires qui n'ont aucune crainte à avoir". Selon lui, les propositions de la Fédération cibleraient uniquement les 5 à 10% d'internautes qui consommeraient 80% de la bande passante totale.

Les inquiétudes soulevées par la "fin de l'illimité" et la mise en place "d'un Internet à deux vitesses" ont rapidement déferlé sur la web, avant de faire la Une des grands quotidiens. Le buzz s'est par ailleurs déplacé sur le terrain politique.

Le ministre de l'économie numérique, Eric Besson, s'est empressé de déclarer que "le gouvernement n'envisage aucune restriction de l'accès à Internet et travaille bien au contraire au développement du très haut débit fixe et mobile pour l'ensemble des Français"

Même le Front National s'est fendu d'un communiqué de Marine Le Pen qui explique que la "fin de l'Internet illimité serait un bond en arrière inacceptable [...] une terrible injustice sociale pour les foyers qui n’auraient plus les moyens de s’offrir un accès illimité".

En pleine période de rentrée, les fournisseurs d'accès se seraient sans doute passé d'une couverture médiatique de ce type.... Aussi, les premiers communiqués sont tombés illico. Dans un premier temps, ce sont Numericable et Bouygues Télécom qui ont démenti tout projet d'instauration de quotas, avant que SFR et Orange se désolidarisent de la FFT déclarant que "la fin de l'Internet fixe illimité n'est pas à l'ordre du jour".

Alors, se dirige-t-on vers la commercialisation d'offres ADSL conditionnées tel que c'est déjà le cas dans le secteur de la téléphonie mobile (débits 3G réduits après un plafond variable de 500 Mo à 2 Go en général) ou dans d'autres pays (Etats-unis, Royaume Uni par exemple ) ?

A priori non. Plusieurs raisons vont dans le sens du statu quo. Premièrement, les réseaux fixes (ADSL, câble, fibre) ne sont absolument pas menacés par une pénurie de ressources en bande passante, justifiant la mise en place d'une politique d'accès équitable comme c'est le cas pour la 3G ou l'Internet par satellite.

Deuxièmement, le marché français est tellement concurrentiel que la fin de l'internet illimité signifierait un suicide commercial, alors même que de nouveaux acteurs (Free mobile...) s'apprêtent à débarquer.

Enfin, à quelques mois d'une élection présidentielle, il est évident que le Gouvernement ne laissera pas faire une initiative aussi impopulaire... surtout après la hausse de TVA et Hadopi.


A l'image d'un poisson d'avril (pas drôle...), le buzz devrait donc s'arrêter là. En revanche, il est tout aussi évident que les internautes n'ont pas fini d'entendre parler de "best effort", d'usage "raisonnable", ou encore de "services gérés". Plus que jamais, la vigilance est de mise à la lecture des conditions générales d'abonnement des fournisseurs d'accès qui pourraient être tentés, un jour ou l'autre, d'encadrer différemment leurs accès à Internet.





Vos commentaires

Sat2way - le lundi 22 août 2011 à 18h34

Eh oui .. Orange a déjà expérimenté un forfait à 5 Go .. il a quelques années de mémoire.

Vu que le FAP d'une connexion internet par satellite a bien été copié sur les abonnements Gsm smartphone avec en gros titre ILLIMITE ....... mais finalement limité en volume, je suis certains que pour pousser le client à acheter de façon légale des films, musique etc .. il y aura un jour des restrictions.

A suivre ..

prououou - le lundi 22 août 2011 à 19h01

Citation :
Le ministre de l'économie numérique, Eric Besson, s'est empressé de déclarer que "le gouvernement n'envisage aucune restriction de l'accès à Internet et travaille bien au contraire au développement du très haut débit fixe et mobile pour l'ensemble des Français"
Si j'ai tout bien compris, notre cher ministre nous explique que l'Hadopi n'est qu'un gadget et "qu'en vrai" les internautes "indisciplinés" ne verront pas leur accès internet suspendu ou coupé ....
Citation :
Eh oui .. Orange a déjà expérimenté un forfait à 5 Go .. il a quelques années de mémoire.
non, c'était pas "orange" ..... mais ma doudou (wanadoo) (je dois encore avoir le contrat quelque part ;))

sh54710 - le lundi 22 août 2011 à 19h10

Citation :
A l'image d'un poisson d'avril (pas drôle...), le buzz devrait donc s'arrêter là. En revanche, il est tout aussi évident que les internautes n'ont pas fini d'entendre parler de "best effort", d'usage "raisonnable", ou encore de "services gérés". Plus que jamais, la vigilance est de mise à la lecture des conditions générales d'abonnement des fournisseurs d'accès qui pourraient être tentés, un jour ou l'autre, d'encadrer différemment leurs accès à Internet.


Les changements de fond se préparent toujours longtemps à l'avance .... pour habituer les esprits, il n'est pas rare que l'annonce initiale soit volontairement quelque peu disproportionnée et que l'action ensuite se fasse par touches successives plus raisonnables, dans un mouvement toutefois continu et inexorable (vers l'objectif initial qui ne disparait pas).

Un seul exemple, dans un autre domaine: la réforme des retraites

Pour l'encadrement de l'internet, le coup au foie a été asséné (le "fameux" tableau joint à la proposition de la FFT à l'ARCEP qui permet tout à long terme)

..... à suivre .... certainement après les élections ......

mais je suis persuadé que le temps du passage à l'action viendra pour tous les FAI, y compris pour ceux qui, n'étant pas membres de la FFT, ont pour l'instant un positionnement de communication relativement simple .... il n'y aura pas de suicide commercial, mais juste une convergence fortuite dans les réponses à donner aux enjeux majeurs (avec des mini-variantes, naturellement).

stephen-4 - le lundi 22 août 2011 à 19h26

Citation :
Fin de l'illimité : une tempête dans un verre d'eau ?


Oui

Citation :
Dévoilé par le site d'information Owni.fr,


Un bon coup de pub pour un site totalement inconnu

Citation :
Selon lui, les propositions de la Fédération cibleraient uniquement les 5 à 10% d'internautes qui consommeraient 80% de la bande passante totale.


Il est vrai qu'il y a des ******* qui exagèrent, le genre à regarder un cam sur un 32 pouces, ce sont ceux-là qui passent régulièrement au 20H en exhibant leurs centaines de CD.

Citation :
Le ministre de l'économie numérique, Eric Besson, s'est empressé de déclarer que "le gouvernement n'envisage aucune restriction de l'accès à Internet


Ce que besson oublie soigneusement de dire c'est que les FAI sont libres de faire ce qu'ils veulent dans le respect des lois et règlements en vigueur, un FAI peut augmenter ses tarifs de 30% ( comme free ) ou instaurer une tarification au volume et besson ne pourra que brailler dans le désert numérique qu'il est incapable de résorber...

Citation :
Enfin, à quelques mois d'une élection présidentielle, il est évident que le Gouvernement ne laissera pas faire une initiative aussi impopulaire... surtout après la hausse de TVA et Hadopi.


N'importe quoi, si demain un FAI lance une offre 8 méga/20 TO par exemple le Gouvernement ne pourra faire qu'une chose : se taire.

Citation :
Eh oui .. Orange a déjà expérimenté un forfait à 5 Go .. il a quelques années de mémoire


Ce n'était pas une expérimentation mais bien une offre [ L'offre 512k / 5Go sans engagement ]

François - le lundi 22 août 2011 à 20h35

Citation :
Un bon coup de pub pour un site totalement inconnu
pas inconnu du tout owni. C'est eux qui ont soutenu wikileaks :-)

Citation :
N'importe quoi, si demain un FAI lance une offre 8 méga/20 TO par exemple le Gouvernement ne pourra faire qu'une chose : se taire.
Le Gouvernement peut faire pression de bien des manieres :

- fisc
- arcep
- France Telecom

C'est fou ce qu'un coup de fil peut faire parfois.

Pour la nostalgie voila le forfait wanadoo 5Go :
www.ariase.com/fr/news/nouvelles-offres-wanadoo.html

19.90€ en 2005. Pas mal non ?!

stephen-4 - le lundi 22 août 2011 à 21h04

Citation :
Citation :
Un bon coup de pub pour un site totalement inconnu
pas inconnu du tout owni. C'est eux qui ont soutenu wikileaks :-)


Qui parle de wikileaks depuis des mois ? personne, le soufflé est retombé.
Citation :
Citation :
N'importe quoi, si demain un FAI lance une offre 8 méga/20 TO par exemple le Gouvernement ne pourra faire qu'une chose : se taire.
Le Gouvernement peut faire pression de bien des manieres :

- fisc
- arcep
- France Telecom

C'est fou ce qu'un coup de fil peut faire parfois.


N'importe quoi, les FAI sont des sociétés privées, même Orange malgré les 23% que possèdent l'Etat et donc ils font ce qu'ils veulent et lancent les offres qu'ils veulent, c'est le consommateur qui décide si l'offre est viable ou pas.

Free a bien augmenté le tarif des non-dégroupés de 20% sans réaction, qu'a fait l'Etat quand les FAI ont taxé à 5,5% sans réduire les tarifs mais en augmentant leur marge : RIEN


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