Accueil S'informer Reportages Zones blanches adsl : les 3 départements les plus touchés
Cette étude de cas sur les 3 départements les plus touchés par les zones blanches met en lumière de multiples fractures numériques. La plus problématique - qui est aussi la plus politique et la plus médiatique - concerne bien entendu l'inéligibilité à l'ADSL.
L'ADSL est une telle évidence pour la majeure partie de la population française que l'on oublie que des dizaines de milliers d'internautes sont privés d'accès à Internet haut-débit. Notre Top 3 n'inclut que des départements ruraux. Loin de nous l'idée de stigmatiser la France des campagnes.
Mais à l'évidence, les territoires les moins peuplés, et dont la géographie complique le passage des réseaux (routiers et télécoms), sont davantage défavorisés. Cette problématique ne s'arrête d'ailleurs pas à l'ADSL. On la retrouve aussi pour la TNT, la téléphonie mobile, et la 3G.
A gauche, les zones blanches (en bleu/vert) dominent la Corrèze par rapport à un département bien couvert comme le Bas-Rhin.
La seconde fracture dont souffrent les départements de la Lozère, de la Corrèze et de l'Aveyron est liée à la question des débits et des services. Alors qu'une part importante de leur territoire est déjà situé en zone blanche ADSL, ces 3 départements disposent d'une couverture ADSL en deçà du ratio national.
Le nombre de centraux téléphoniques équipés pour l'ADSL2+ (permettant des débits jusqu'à 20 Mbits) et pour la TV d'Orange est sensiblement plus faible en Lozère, Corrèze et Aveyron que dans le reste du pays. Et pourtant, nombre de lignes téléphoniques de ces départements sont théoriques éligibles à ces services puisque leur affaiblissement est inférieur à 30/40dB. Les NRA sont donc bien équipés pour l'ADSL mais les réseaux de collecte ne sont pas suffisamment fibrés, limitant d'office le débit maximum à un maigre 2Mbits.
Conséquence directe de la prévalence des zones blanches (pas d'adsl) et grises (adsl limité à 2Mbits), le dégroupage n'avance pas ou peu. Le dynamisme de la concurrence s'en trouve fortement atténué puisque les opérateurs alternatifs ne peuvent proposer que des offres ADSL (éventuellement avec ligne téléphonique incluse) en louant intégralement le réseau France Télécom.
L'intervention publique - via la mise en place de réseaux d'initiative publique - améliore heureusement la situation des habitants de la Lozère, de la Corrèze et de l'Aveyron. Mais malgré les investissements consentis pour couvrir les zones blanches, le fossé séparant les départements les mieux lotis et ceux qui subissent le plus la fracture numérique ne cesse de s'élargir.
La nécessaire montée en débit qu'exigent les nouveaux usages d'Internet se traduit actuellement par le déploiement de la fibre optique jusqu'à l'abonné (ou jusqu'à l'immeuble) dans les zones denses. S' il est utopique d'évoquer une quelconque égalité numérique - certes désirable mais ô combien irréalisable en l'état actuel des choses - une solution intermédiaire pragmatique (fibre optique jusqu'au NRA voire même jusqu'au sous-répartiteur), amorcerait en revanche un début de "guérison" pour réduire la fracture durement ressentie dans ces départements.
Se posent alors de nombreuses questions sur le financement des opérations, le rôle de chacun (France Télécom, FAI, ARCEP, collectivités) et la cohérence des déploiements par rapport aux particularités de chaque territoire. A l'heure où Internet est aussi vital que l'électricité ou l'eau courante, et que l'attractivité d'un département dépend de plus en plus de son éligibilité au (très) haut-débit, il est urgent que les Kilo se transforment en Mega, que le "haut-dépit" des uns devienne finalement le haut-débit pour tous.
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