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Fin 2006, l'on attendait l'arrivée en force de la fibre optique, au point de s'interroger : 2007, le début de la fin de l'ADSL ? En 2007, elle aura fait défaut à presque tous ses fans et l'ADSL est plus vivant que jamais. Un environnement législatif en pleine mutation, des incertitudes quant au marché et un environnement financier en dégradation ont contrarié les plans des FAI... Si des milliers de kilomètres de fibre optique ont été posés en 2007, les zones fibrées restent essentiellement concentrées dans les grandes villes denses, comme Paris. 2007 n'aura donc pas été l'année du très haut débit, mais tout simplement celle de la maturité du haut débit.
Pour ceux qui n'avaient pas eu auparavant la possibilité de souscrire à une offre ADSL, les solutions alternatives se sont multipliées. Il est possible d'améliorer la couverture ADSL d'une région donnée grâce à de nouveaux équipements innovants. Les technologies alternatives pointent également le bout de leur nez et se montrent des challengers de plus en plus sérieux.
L'ADSL est une technologie sujette à des problèmes d'affaiblissement : plus le signal ADSL a de distance à parcourir, plus il est atténué. La section du câble a aussi son importance. Pour faire simple : plus le câble est fin et long, plus l'affaiblissement sera important. Un câble fin résiste en effet plus au passage d'un signal qu'un câble plus épais, ce qui augmente l'affaiblissement du signal. Plus cet affaiblissement, cette atténuation est importante, moins le débit d'informations pouvant passer dans le câble téléphonique est élevé : le débit maximal pouvant passer dans la ligne en sera affecté.
Si l'affaiblissement dépasse 70db, la technologie doit être du ReADSL. Au-delà de 78 db théoriques d'affaiblissement, le signal sera considéré comme trop affaibli pour que l'ADSL : la zone est alors qualifiée de zone blanche. Il s'agit d'estimations théoriques et non réelles : ceci signifie que, parfois, l'on pourra constater un débit différent de la théorie. Votre câble peut être de très bonne qualité et, alors, vous pourrez constater un débit bien supérieur à ce que l'on vous prédisait. Le contraire peut aussi arriver : si votre ligne est défectueuse, le débit pourra être faible, très faible, voire inexistant. Il faut alors vérifier si le défaut vient de votre côté et si la ligne doit être nettoyée pour retrouver son débit théorique. Si le problème ne vient pas de votre installation et est vraiment important, il sera alors intéressant de demander à l'assistance de votre FAI de tester votre ligne : ils pourront peut-être vous aider.
Tout d'abord le premier facteur ayant accru les surfaces couvertes par l'ADSL en France a été la multiplication des NRA ZO. Ces noeuds de raccordement, installés dans des zones d'ombre, voient généralement leur construction subventionnée par les communautés locales. Cette solution est, par ailleurs, celle préconisée par France Telecom.
Son coût élevé la réserve toutefois aux communes souhaitant véritablement investir dans le haut débit. Le système est simple : une fibre optique est tirée depuis le NRA jusqu'à un sous-répartiteur dont certaines lignes sont inéligibles. Le signal ayant moins de chemin à parcourir dans le fil de cuivre, ces lignes deviennent alors éligibles.
Certains projets mixtes, plus onéreux pour la région mais plus favorables à l'émergence d'un environnement compétitif, ont également été plébiscités cette année. Un exemple-type est celui des TPST, les Très Petits Sites Techniques construits pour la région Auvergne. Dans cet exemple, des fibres optiques ont été mises en place et gérées pour le compte de la région, des fibres aboutissant à des locaux techniques, également propriétés de la collectivité et situés à proximité de sous-répartiteurs de France Telecom se situant dans une zone non couverte ou mal couverte. Avec une telle solution, il est possible de passer d'une zone blanche à un très bon débit.
Quelle que soit la solution sous-jacente, NRA ZO et TPST aspirent donc au même but : étendre la zone de couverture ADSL. Cette extension se fait très simplement : une fibre optique, en lieu et place de l'habituel câble de cuivre, relie donc le NRA originel au sous-répartiteur desservant la zone défavorisée. Le sous-répartiteur, où arrive la célèbre "boucle locale", devient quasi aussi performant qu'un vrai NRA et l'affaiblissement théorique est alors calculé en fonction de la distance entre le logement et le sous-répartiteur, au lieu de la distance entre le logement raccordé et le NRA.
Enfin, le simple remplacement de quelques équipements obsolètes a quelquefois suffi à repousser la limite des "zones blanches". Ce cas de figure a notamment été observé cette année dans l'Eure, où le changement d'équipement par France Telecom dans ses NRA a rendu éligibles plusieurs milliers de lignes.
L'ADSL ne fait désormais plus cavalier seul dans la jungle des offres d'accès à Internet et la liste de ses challengers potentiels s'allonge. Au-delà de la fibre optique, championne toutes catégories des alternatives à l'ADSL mais horriblement chère à déployer, l'on peut compter une demi-douzaine de façons de contourner la difficulté d'être en zone blanche.
Pour ce qui est de couvrir les zones blanches, le Wimax est l'une des technologies les plus en vogue. L'opérateur de France le plus concerné par le Wimax est Altitude, qui a raflé des licences Wimax pour la quasi-totalité des régions. Les opérateurs Wimax utilisent soit du SDSL, soit leurs propres infrastructures, comme de la fibre optique, pour relier leur borne. Avec du SDSL, comme le débit est limité par la bande passante totale de l'accès ADSL, chaque personne connectée devra donc partager cette bande passante avec les autres utilisateurs : pour peu que beaucoup de personnes se connectent simultanément, le débit constaté peut alors devenir vite assez faible. Si la borne Wimax est reliée au réseau Internet à l'aide d'une fibre, l'accès à Internet depuis une zone couverte par le Wimax peut alors devenir aussi compétitif qu'un bon accès par ADSL.
Le haut débit par satellite s'est largement démocratisé, fin 2007. Les accès bidirectionnels, autrefois chers et réservés aux professionnels, séduisent désormais le grand public. Com2sat, un opérateur satellite apparu en 2007, propose ainsi des forfaits 600Kbits à partir de 39,90€ par mois.
Le simple WiFi permet parfois de faire quelques petits miracles. Il existe des zones, même à l'intérieur de villes, qui ne devraient pas être en zone blanche. Si un voisin bienveillant et proche possède un accès à internet, un simple relai WiFi peut suffire à faire passer un internaute du bas débit à l'ADSL. Vous vous interrogez sur la raison d'une telle disparité entre voisins ? Toutes les lignes sont différentes, n'empruntent pas forcément le même chemin, n'aboutissent pas forcément au même répartiteur. Même dans un hameau ou dans un même immeuble, certaines lignes peuvent être inéligibles alors que les autres ne le sont pas.
Toutefois, il existe des cas dans lesquels le WiFi a été déployé à grande échelle, tout comme aurait pu l'être le Wimax ou le CPL. Celà a notamment été le cas cette année de Pessoulens, un village du Gers que quelques émetteurs sur le clocher ont sorti du bas-débit.
La technologie de courant porteur en ligne utilise, comme l'indique son nom, le réseau électrique comme vecteur de transport. Cette technologie est généralement plus souvent utilisée dans le cadre de l'usage domestique que pour concurrencer l'ADSL : c'est en effet l'un des moyens les plus simples de faire passer le flux TV de sa Box au poste de télévision, puisqu'il évite d'ajouter des câbles.
Mais le CPL n'est pas seulement utile pour la maison : il peut aussi être efficace pour couvrir des zones blanches. Dans la région de Castres-Mazamet, par exemple, IntermediaSud et EDF ont fait équipe pour sortir la commune de Lagarrigue de sa zone blanche.
Le SDSL, c'est une technologie qui permet d'envoyer sur une même ligne autant de données que l'on en reçoit. Il s'agit, comme son nom l'indique (Symetric Digital Subscriber Line), d'une connexion "symétrique". Le plus souvent, ce type de connexion est associé à une garantie de débit et de temps de rétablissement. Le prix très élevé du SDSL a pendant longtemps confiné son utilisation aux entreprises, dont le besoin d'envoyer autant de données qu'elles en recoivent est parfois crucial.
Aujourd'hui, l'on peut trouver du SDSL auprès d'opérateurs comme Celeste, Magic Online, Nerim ou encore Stella Telecom, aux côtés des géants du secteur que sont Orange et Neuf. Stella Telecom proposait par exemple, fin 2007, en zone dégroupée, du 2048 garanti pour 135€ HT par mois sur une ligne longue. En pratique, le SDSL est devenu une solution de couverture locale des zones blanches dans quelques cas. Une personne ou une entreprise éligible à l'ADSL souscrit alors un abonnement SDSL auprès d'un opérateur SDSL. C'est après cette étape que cette personne peut partager sa connexion avec d'autres personnes, pas forcément éligibles, par le biais de relais, en général du Wifi ou du Wimax, et leur permettre ainsi de bénéficier du haut débit.
La fibre optique : une technologie qui fait rêver. En 2007, son déploiement aura été largement moins important que ce qui avait été prévu, ce qui a fait que la plupart des opérateurs ont été déçus de la tournure prise par les opérations. Ce n'est pas faute de volonté gouvernementale : à plusieurs reprises, l'Etat a d'ailleurs signalé qu'il souhaitait le développement du réseau optique. Simplement, les investissements en jeu ne peuvent se rembourser que sur le long terme, alors même que le coût du capital est en hausse, du fait du crash de l'immobilier américain. En regard des dizaines de milliards que pourraient coûter un réseau à l'échelle de la France, l'on peut comprendre que les opérateurs soient moins enclins à dépenser leur précieux capital.
Les consommateurs se sont également montrés moins intéressés que prévu : celà ressemble un peu à l'engouement des opérateurs pour les licences 3G, dans l'euphorie boursière de la bulle Internet des années 2000. La technologie existe bien, mais les clients réels sont trop peu nombreux. La plupart des internautes ne se sentent pas près à dépenser 10€ de plus par mois pour augmenter la vitesse de leur connexion. Comme la pose de fibre optique se fait par quartier, et notamment pour éviter des frais de génie civil trop importants, la concentration des foyers souhaitant bénéficier de la fibre optique est primordiale.
Certains endroits câblés ont, en effet, eu beaucoup moins de succès que prévu. L'exemple de Pau, ville pionnière par excellence, est flagrant : dans cette ville, le projet a démarré en 2003. Pour l'instant, seuls 5000 foyers ont souscrit à une offre de fibre optique. Pour une ville de plus de 80000 habitants, ce n'est pas exceptionnel, même si Neuf n'a commencé à y commercialiser les offres de Mediafibre que début 2007 !
La fibre n'aura donc connu une réelle expansion que dans les limites de Paris, en 2007. Dans les autres grandes villes, elle aura connu un embryon de développement, en général dans certains quartiers très denses et bien dégroupés. Numericable est toutefois en mesure de communiquer sur l'importance de son effort de déploiement, étant donné qu'il utilise les infrastructures de son ancien réseau, et notamment les précieux "fourreaux", pour y passer sa fibre. Excepté le câblo-opérateur, les autres fournisseurs d'accès ne mettent pas leur fibre en avant et, pour l'instant, préfèrent insister sur les bienfaits de leur ADSL...