[MàJ] Du déport optique pour la montée en débit ADSL ?


Ecrit par François Le Gall le lundi 4 juillet 2011 à 12h24


Actualités Technologies Réseaux

France Télécom fait de la montée en débit dans le département de la Charente. [Article Mis à Jour]


[MISE à JOUR] 05/07 à 10H : après de nouvelles vérifications, il ne s'agirait pas d'un déport optique mais d'un simple DSLAM (Déport DSLAM ATM sur NRA d’origine) ajouté à l'occasion de l'arrêt du multiplexeur de transport.

Le débit ADSL des internautes de la commune d'Edon est passé de 0 à 20 mbit/s en quelques jours seulement !

La modernisation du réseau téléphonique opérée par France Télécom n'a rien d'exceptionnel en soi. Mais dans ce cas précis, les travaux de France Télécom sont intéressants puisque la montée en débit sur la boucle locale cuivre aurait été réalisée grâce à la technique du déport optique.

Qu'est-ce que le déport optique ? La solution de déport des signaux optiques consiste à multiplexer les signaux ADSL à la sortie du central téléphonique (NRA) pour les transporter via des fibres optiques jusqu’au sous-répartiteur. Une fois là, les signaux sont démultiplexés puis injectés sur les paires de cuivre desservant les internautes.

Le principal intérêt du déport optique est de réduire l’affaiblissement des lignes en remplaçant les câbles de cuivre par de la fibre optique entre le central et le sous-répartiteur. Les connexions ADSL sont ainsi moins bruitées et supportent des débits nettement plus élevés à l'image de ce que le NRA-ZO propose déjà.

Dans le cas de la commune d'Edon, l'armoire de sous-répartition concentre 105 lignes téléphoniques désormais toutes éligibles à l'ADSL. Jusqu'à présent, presque toutes ces lignes étaient pénalisées par un affaiblissement supérieur à la limite de 78dB.

Boitier de déport optique sur un sous répartiteur ADSL
France Télécom a profité de son plan de modernisation (suppression des multiplexeurs de transport) pour faire d'une pierre deux coups. Un câble de fibre optique a ainsi été tiré entre le central principal (VBL16) situé à Villebois-Lavalette et le sous-répartiteur V07 à Edon, rebaptisé EDO16. La fibre optique a été enterrée sur une partie du trajet avant d'être déployée en aérien sur des poteaux.

Comme on peut le noter sur cette photo (encadré rouge), le déport optique est logé dans un petit boitier beaucoup plus compact qu'une armoire DSLAM de type NRA-ZO. Hormis le gain de place, l'avantage du déport de signal optique est de constituer une solution neutre qui n'avantage pas un fournisseur d'accès par rapport à un autre.

Contrairement au NRA-ZO où la partie ADSL est colocalisée dans l'armoire de sous-répartition, le déport optique permet aux opérateurs alternatifs d'économiser l'installation de nouveaux DSLAM pour dégrouper les sous-répartiteurs. Le dégroupage s'effectue ainsi de manière transparente directement au niveau du central téléphonique principal.

Rappelons que le déport optique - tout comme le réaménagement de la sous-boucle et la bi-injection - est une des solutions de montée en débit sur le réseau de France Télécom envisagée par l'Autorité de Régulation des Télécoms (ARCEP).

L'objectif de l'ARCEP est de préparer le remplacement progressif de la boucle locale cuivre par de la fibre optique dans les zones les moins denses. L'idée est d'améliorer les débits ADSL actuels en attendant que les investissements permettent de basculer vers la fibre optique jusqu'à l'abonné (FTTH).


En Charente, une dizaine d'autres communes (Genté, Pérignac, Saint-Gervais, Sauvignac, Saint-Mary, Vouthon, Mazerolles, Voeuil-et-Giget, Aignes-et-Puypéroux, Bors-de-Montmoreau, Saint-Martial, Bréville et Saint-Georges) devrait bénéficier de la modernisation du réseau France Télécom d'ici fin 2012. A noter que le Conseil Général de Charente (CG16) a signé une délégation de service public avec l’opérateur Alsatis pour équiper le département de 200 antennes hertziennes (WiFi/WiMax).





Vos commentaires

bodenis - le lundi 4 juillet 2011 à 14h49

Bien content pour les gens de cette commune, qui doivent voir le monde sous un jour nouveau

Cette stratégie de montée en puissance du débit ADSL est-elle un simple test de prestige pour FT, ou découle-t-il d'une réelle volonté d'améliorer les choses ? Pas bien loin de la Charente, il y a la Vienne, où plus rien ne se passe depuis que le Wimax est soi-disant partout.
Hélas ! Tout le monde n'est pas desservi, loin de là, et il y a toujours des gens qui frisent avec la limite de 78 db d'affaiblissement ! Chez moi, les antennes Wimax sont à plus de 20 km, et généreusement masquées par des collines et des arbres. Heureusement, le RE ADSL arrive jusqu'à nous (un peu plus de 60 k/s en réception, pour 16 k en émission, avec une marge au bruit de 10/15 selon les jours), mais pour bosser, c'est vraiment pas le top.
Tout le village est à la même enseigne, et nous sommes à flanc de colline, donc pas de pont wifi directionnel possible.
Bref, si FT a envie de faire d'autres tests, je suis pleinement partant pour en profiter ops: ops: ops:

thedab - le lundi 4 juillet 2011 à 18h55

c'est un DSLAM esclave en déport du NRA d'origine.

pas de déport optique ici (ni ailleurs), pour rappel la position de FT exprimée en réponse à la consultation pulbique ARCEP de nov. 2009 :

"La solution de déport de signaux est encore en cours d’analyse, mais les équipements nécessaires ne
font pas l’objet d’une fabrication industrielle, et ne sont proposés que par un unique fournisseur. En outre, cette solution séduisante en théorie présente le défaut d’apporter en pratique un affaiblissement significatif sur la ligne et, comme le dégroupage à la sous-répartition, implique une refonte des systèmes d’information. Sa disponibilité à un stade industriel pour un déploiement important n’est en rien assurée à ce jour, son déploiement ne peut en tout état de cause être envisagé avant plusieurs années. Elle nécessiterait en outre une analyse réglementaire ad hoc précisant ses conditions de mise en oeuvre."

"Le déport des signaux soulève des questions plus délicates dans la mesure où cette solution n’est pas prévue par la réglementation en vigueur et qu’elle repose sur une technique pour laquelle il n’existe aucune référence internationale. Il est difficile aujourd’hui de préjuger du futur statut réglementaire d’une telle solution qui est complexe techniquement et opérationnellement et qui ne présente de bénéfice pour les opérateurs qu’à condition que l’ensemble des opérateurs ayant des clients sur une SR l’utilise conjointement. Des questions complexes de propriété et d’obligations en matière d’offres de gros et de tarifs restent à traiter. France Télécom préconise que les aspects règlementaires relatifs à cette solution soient éventuellement traités dans le cadre du nouveau cycle d’analyse de marché devant intervenir début 2011, ce qui laissera le temps d’examiner au préalable les questions techniques et industrielles lourdes qu’elle pose."

etc.

cpt.crochet - le lundi 4 juillet 2011 à 19h29

Si le déport optique se démocratise , on va avoir affaire a des quotas , je le sens .

VinZz - le mardi 5 juillet 2011 à 09h49

Citation :
Si le déport optique se démocratise , on va avoir affaire a des quotas , je le sens .

Et pourquoi ça ???

François - le mardi 5 juillet 2011 à 10h14

Citation :
c'est un DSLAM esclave en déport du NRA d'origine
Bonjour theDAB, en effet, il ne s'agirait pas d'un déport optique finalement. J'ai mis à jour l'article. Le DSLAM est donc bien localisé au niveau du SR.


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